Prédication du pasteur Pascal LEFEBVRE lors du culte du 12 juillet 2020 au temple du Hâ à Bordeaux.

Lectures bibliques

Ésaïe 55 : 6-11 ; Matthieu 13 : 1-9, 18-23, 33, 44-46 ; Luc 17 : 20-21 ; Luc 18 : 15-17

Le royaume de Dieu à l’intérieur de nous

Aux pharisiens qui lui demandaient quand le royaume de Dieu devait venir,  Jésus a répondu :

« La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer et l’on ne dira pas : voici, il est ici! ou bien : il est là! En effet, le Royaume de Dieu est au-dedans de vous »

Luc 17 : 20-21

C’est là une affirmation de premier plan : le règne de Dieu serait accessible depuis notre cœur, au creux de notre intériorité, dans l’intimité la plus profonde de notre être.

Si l’on retient cette traduction « au-dedans de vous » (au lieu de « parmi vous »), les paraboles de Jésus pourraient bien être réinterprétées : il s’agirait d’une invitation à ouvrir notre cœur, pour laisser Dieu y régner.

Ainsi, lorsque Jésus affirme que le Royaume de Dieu ressemble à un trésor enfoui dans un champ, à une semence semée au sillon de la terre ou encore à du levain plongé dans la pâte… il serait en train de nous appeler à accueillir le Royaume de Dieu à l’intérieur de nous.

Voyons cela de plus près à travers les textes du jour :

La parabole du semeur

La parabole du semeur est bien connue : elle se présente comme une petite histoire, une comparaison, empruntée au domaine de la vie quotidienne à la campagne.

Avant de lire l’explication donnée par Matthieu, on ne sait pas grand chose : Un semeur est sorti pour semer. Il a jeté de la semence sur des terrains très différents : un chemin, une terrain pierreux, des épines, de la bonne terre.

Finalement, les échecs répétés n’ont pas empêché la croissance, et même la surabondance du fruit. Cette histoire se conclut par un appel solennel à l’écoute.

Il y a déjà une Bonne Nouvelle dans cette petite parabole, c’est la persévérance du semeur : il a semé partout, sans perdre espoir… et finalement, sa persévérance est récompensée, parce que, quelque part, il a trouvé de la bonne terre où la semence a pu prendre racine et croitre.

Voilà donc déjà une bonne nouvelle : la persévérance de Dieu, qui donne et distribue ses dons sans compter.

Comment les auditeurs de Jésus pouvait-il entendre cette parabole ?

Sans doute, connaissait-il les Écritures (je pense au Premier Testament).

Dieu y est présenté comme celui qui donne la semence.

Ainsi, dans le livre d’Ésaïe, Dieu est celui qui sème, qui plante…. Sa vigne, c’est Israël… et il en attend des fruits : des fruits de justice. Mais ça ne se passe pas toujours comme prévu avec l’être humain (cf. Ésaïe 5).

Dans le passage du livre d’Ésaïe que nous avons entendu, Dieu est présenté comme un Dieu qui transforme les situations : il donne la pluie à la terre, la semence au semeur… en vue d’un résultat.

Ainsi, il attend une transformation… que sa parole produise du fruit.

Je cite :

« ainsi se comporte ma parole du moment qu’elle sort de ma bouche : elle ne retourne pas vers moi sans résultat » .

Ésaïe 55,11

L’évangéliste Matthieu – qui donne l’explication de la parabole – devait bien connaitre ces références.

L’explication proposée par l’évangéliste présente les éléments de comparaison :

  • Le semeur qui est sorti, c’est le Christ.
  • La semence, c’est la parole de Dieu. La semence contient la potentialité. Elle a un pouvoir de transformation, de croissance : elle peut devenir une plante qui va produire du fruit.
  • Mais tout dépend du terrain : Nous sommes le terrain sur lequel tombe la semence. Et nous pouvons être tout à tour : bord du chemin, endroit pierreux, terre pleine d’épines ou bonne terre.

Le terrain, c’est donc le cœur de l’homme : un cœur plus ou moins disponible à la semence.

La semence, c’est la parole du Royaume – dit précisément Matthieu (v19). C’est la parole qui vient manifester la présence de l’Esprit de Dieu… c’est la parole transformatrice qui dit la présence de l’amour de Dieu.

C’est d’ailleurs ainsi que le prophète Ésaïe présente Dieu : comme un Dieu qui manifeste sa tendresse, un Dieu qui se surpasse pour pardonner (cf. Ésaïe 55,7)

Cette parabole met donc en avant la bienveillance et la persévérance du Semeur. Tous ont été au bénéfice de la Parole. Sur tous les terrains, la Parole a été entendue. Mais les obstacles sont nombreux et elle ne fructifie que chez quelques-uns. Trois échecs (v.19-22) pour une seule réussite (v.23). Ça parait maigre. Mais là où la Parole est accueillie, elle produit beaucoup (trente, soixante, cent).

Autrement dit, malgré les nombreux refus, malgré la sécheresse de certains terrains, malgré les soucis du monde, les distractions, et l’avidité (la séduction des richesses), il arrive que la parole trouve une oreille attentive pour être reçue et puisse s’épanouir.

L’explication de la parabole parait donc assez simple.

Pour autant, une question centrale reste à approfondir : quelle est donc cette « parole du Royaume » que Jésus nous appelle à accueillir ?… à écouter, à adopter et à mettre en pratique ? (cf. Matthieu 7, 21-23)

Le règne de Dieu – le Royaume de Dieu

Il nous faut, en effet, parler de cette notion de Règne de Dieu ou de Royaume, qui est très présente dans la Bible et particulièrement dans la prédication de Jésus.

Avant Jésus, la notion de « royauté divine » trouve sa source dans l’Ancien Testament, notamment dans les Psaumes et chez les Prophètes.

Dieu est présenté comme le « Roi » (Psaumes 24, 47 ; 96 ; 97). Et l’avènement d’un règne divin, éternel et cosmique est attendu et annoncé. Ce règne divin sera un règne de justice et de paix.

Depuis toujours, aux yeux d’Israël, la royauté appartient à Dieu. Les rois terrestres ne sont que des lieutenants de Dieu.

Le roi doit être consacré à Dieu, par une onction, pour devenir la personnalité choisie et ointe pour le Seigneur. Le roi est appelé « fils de Dieu » : il est son représentant au milieu de son peuple.

Le roi – qui a ainsi reçu son pouvoir de Dieu – doit établir et faire respecter la justice (cf. Psaume 45,4ss). Ce qui fait qu’il est parfois critiqué, par tel ou tel prophète, lorsque ce n’est pas le cas, lorsque l’injustice règne.

Le messianisme est un courant de pensée qui attend l’advenue d’un Messie Roi, qui instaurera le règne de Dieu sur terre.

Cette espérance a pu prendre différentes formes. On sait qu’à l’époque de Jésus, certains de ses contemporains attendaient la venue imminente d’un Messie Roi qui apporterait une restauration politique permettant de libérer Israël de l’envahisseur romain.

Mais Jésus n’était pas ce Messie Politique. On peut donc penser que lorsqu’il parle du Règne de Dieu : il parle du règne spirituel de Dieu sur nos vies et nos cœurs. Il fait écho à la possibilité d’une transformation d’ordre spirituel, ayant des effets sur notre personne et notre existence.

Pour Jésus, il s’agit en premier lieu de faire place à Dieu, d’accueillir l’Esprit d’amour de Dieu, pour le laisser nous imprégner, nous transformer… le laisser régner en nous, dans notre intériorité.

Ce règne de Dieu en nous, aura alors des conséquences sur notre être… et aussi nos relations sociales. La relation intime avec Dieu nous conduira – de façon positive – à porter du fruit.

« Tout bon arbre produit de bon fruits ».

Matthieu 7:17

La recherche théologique du XX siècle a montré que l’annonce du Royaume de Dieu tient une place centrale, notamment dans la prédication de Jésus qui est – avant tout – l’Évangile du Royaume.

Cette notion recouvre en fait plusieurs dimensions :

  • une dimension eschatologique (qui désigne les choses dernières) : c’est l’espérance qu’une autre réalité suivra notre vie terrestre : soit que le Royaume de Dieu viendra à nous et prendra sa place sur terre (c’est l’advenue du règne de Dieu, à la fin des temps), soit que le Royaume de Dieu est notre destination à venir ou finale : nous entrerons un jour dans le Règne lumineux de Dieu, à savoir la Vie éternelle.
  • Mais la notion de règne de Dieu désigne aussi – et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui – une dimension présente, accessible (car, que nous le sachions ou pas, nous sommes toujours liés à Dieu). A travers la personne de Jésus, le règne de Dieu, s’est approché de nous (Matthieu 4,17). Il est désormais à portée de main, entre nos mains (Luc 17,21)…. Et il nous propose d’entrer dans cette nouvelle réalité… et même de l’accueillir en nous. 

Pour Jésus – et comme le rappelle aussi très bien la première épitre de Jean (1 Jean 4) – le Royaume de Dieu est à la fois une réalité d’ordre spirituel et social. L’un ne va pas sans l’autre : on ne peut pas aimer Dieu sans aimer son frère.

Autrement dit, la transformation spirituelle que Jésus nous propose, doit nous conduire à une transformation complète de notre vie, qui se manifestera aussi par des œuvres bonnes, des fruits, qui seront visibles à travers / et dans / nos relations sociales.

L’entrée dans le règne de Dieu correspond ainsi à une transformation de notre esprit, de notre mentalité, de notre manière de penser, de voir la vie et d’agir… qui aboutira à une sorte de « transfiguration » de notre personne, de notre être…et cela resplendira forcément dans nos relations humaines et fraternelles.

Le Royaume de Dieu figure donc « la rencontre du Ciel et de la terre ».

Pour certains, il a pu désigner un ailleurs (sorte de paradis), ou un plus tard (à la fin des temps), mais dans ses paraboles, Jésus semble le présenter comme une nouveauté, un autrement accessible, ici et maintenant.

Il est « le Ciel sur la terre ». Ou plutôt « la terre avec le Ciel »… et non une terre sans Ciel, sans ouverture, sans perspective, sans espérance… qui serait fermée sur elle-même.

Certains courants théologiques ont opéré une séparation entre le Royaume et le monde – Car, Jésus aurait dit que son Royaume n’était pas de ce monde – mais, en même temps, Jésus semble nous dire que le Ciel s’ouvre y compris dans notre monde… pour nous… et même à l’intérieur de nous… à condition que l’homme décide de s’ouvrir au Ciel et de l’accueillir en lui.

Voilà donc le programme proposé par Jésus : s’ouvrir au Ciel… en accueillant la parole transformatrice de Dieu dans nos cœurs.

Un homme à contre-jour devant un ciel ensoleillé
@Josh Hild – Unsplash.com

Comment s’ouvrir au Règne de Dieu ?

Alors la question se pose : comment faire, comment s’ouvrir au règne de Dieu en nous ? Trois pistes nous sont données ce matin :

  • Premièrement, par l’acceptation du changement, par la conversion :

Pour pouvoir entrer et progresser dans la voie du Royaume, Jésus attend une ouverture : que nous acceptions, que nous soyons prêt au changement.

Il faut d’abord changer de disposition spirituelle. C’est pour cela que l’Évangile débute par un appelle à la conversion, c’est-à-dire à un retournement :

« Le temps est accompli – disait Jésus – le règne de Dieu s’est approché : convertissez-vous … changez d’attitude, de mentalité… et croyez à la Bonne Nouvelle » .

(cf.  Marc 1:15 ; Matthieu 4:17)

Accepter de lâcher prise, d’entrer dans la confiance et une nouvelle relation avec Dieu : voilà le début du programme initié par Jésus.

Cela passe par une foi pleine et entière en la bonté de Dieu, en son amour pour nous, en sa bienveillance et sa Providence. Il s’agit de pouvoir s’en remettre totalement à Lui. Et de croire (même si c’est parfois difficile, au milieu des épreuves) que tout ce qui nous arrive, advient positivement en vue de l’évolution de notre être.

  •  2eme réponse : par la disponibilité et l’ouverture du cœur qui ouvrent à la confiance :

Il est dit dans les Évangiles – dans les Béatitudes – que le Règne de Dieu est accessible aux pauvres, ou aux pauvres en esprit ou aux humbles de cœur ou encore – comme nous l’avons entendu – à ceux qui sont comme des enfants, qui accueillent ce règne de Dieu à la manière des enfants.

Que ce soit la pauvreté ou l’enfance, c’est la disponibilité de cœur et la notion de dépendance que Jésus met ici en avant. Qui dit dépendance envers quelqu’un, dit « confiance ».

[Le pauvre (ou pauvre en esprit) n’est pas accaparé par le souci ou la préoccupation de gérer ses richesses (matérielles ou mentales) : il est disponible… de même, l’enfant est un être totalement dépendant de ses parents : il vit dans la confiance, la spontanéité et la simplicité.

L’un comme l’autre ne peuvent pas compter sur eux-mêmes, sur leurs propres forces, mais ils attendent tout d’un Autre (contrairement aux riches ou aux savants – cf  Marc 10,25).]

Jésus opère ainsi un retournement d’échelle de valeurs, pour signifier que c’est l’humilité et la disponibilité de cœur qui génèrent l’ouverture et la foi. Ce sont des conditions pour accueillir le règne de Dieu en soi. Il faut de la place libre et s’ouvrir à la possibilité de la confiance.

  • 3eme réponse : par la relation au divin… par l’ouverture à la méditation et la prière, qui sont source de transformation :

C’est ce que nous demandons à Dieu dans la prière du « Notre Père » : que ton règne vienne !… que tu puisses régner sur nos cœurs, Seigneur !

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel : nous demandons l’établissement de son règne parmi nous ici bas, sur terre, dans notre existence, dans notre société, mais aussi dans nos vies, nos corps, au creux de nous-mêmes… comme il règne déjà au Ciel, dans la dimension spirituelle.

Souvenons-nous que, lorsque Jésus priait, il se mettait toujours à l’écart, afin de rester dans l’intimité de la relation à Dieu. Il le faisait souvent dans la solitude ou pendant la nuit. Il allait dans le désert, (Marc 1,35) sur une montagne (Matthieu 14, 23).

Dans le sermon sur la Montagne, Jésus souligne combien l’essentiel se joue dans l’intimité de la rencontre avec Dieu, et le secret du cœur :

« Pour toi quand tu pries, retire-toi dans ta chambre et prie ton Père qui est là dans le secret ».

Matthieu 6 : 6

Il ne s’agissait pas de réciter des formules répétitives, des prières de bénédictions ou des mantra. Jésus rejette ce genre de prières :

« Ne rabâchez pas, comme les païens. Ils s’imaginent qu’en parlant beaucoup, il se feront écouter ».

Matthieu 6 : 7

Quand Jésus passait des nuits entières en prière, il faisait certainement autre chose que de réciter des formules. Il allait « à l’écart », non pour demander quelque chose, mais simplement pour être.

D’une façon ou d’une autre, Jésus a dû pratiquer quelque chose qui s’apparente à la méditation. On ne trouve aucun équivalent de cette attitude dans la tradition juive.

On peut donc penser que Jésus a cherché à transmettre un enseignement spirituel, une véritable relation personnelle et intime au divin, permettant une transformation intérieure de l’être, une métamorphose, le passage d’un état d’être à un autre.

Au temps de Jésus, on ne proposait que des systèmes de croyances et des règles propres à la religion. Jésus, lui, propose une voie nouvelle de transformation personnelle. Il exprime cela en nous proposant d’entrer dans une relation d’intimité avec Dieu, qu’il appelle « le Royaume ».

Pour conclure cette réflexion, je voudrais répondre brièvement avec vous à trois questions : comment le règne de Dieu agit ? Quels sont les obstacles ? Qu’est-ce que cette proximité avec Dieu produit ?

@De Visme – EPUdB

Comment le règne de Dieu agit ?

Il n’agit pas de façon éclatante, mais mystérieusement, intérieurement… il est comme une semence qui pousse toute seule – nous dit Jésus : irrésistible puissance déposée par Dieu dans le cœur de l’homme… il est comme le levain dans la pâte… il agit en secret, mais il permet de faire lever toute la pâte (cf. Matthieu 13: 31-33 / Marc 4 : 26-29).

Le message implicite adressé aux chercheurs et aux artisans du Royaume des cieux est un appel à la confiance : pour autant que l’auditeur se mette à l’écoute de Dieu, la providence divine fera porter du fruit en temps voulu.

Quels sont les obstacles ?

Parmi les obstacles à l’écoute de la Parole du Royaume, l’Évangile met en avant : les soucis du monde, l’attrait (ou la séduction) de la richesse, les désirs de toutes sortes (ou les plaisirs de la vie) (selon les traductions) :

Aujourd’hui, on dirait plus les préoccupations, l’avidité ou les distractions.

Et il me semble que c’est bien là la difficulté de proclamer le message de l’Évangile, dans un monde hyper-connecté, qui se soucie beaucoup – et parfois de façon exclusive – des apparences, des possessions matérielles, de l’avoir, de la richesse, et qui nous invite sans cesse à zapper sur Internet, en passant de YouTube à Facebook, ou de profiter des nouveautés et des distractions cinématographiques sur Netflix ou Disney Chanel … Et après tout cela, quel temps reste-il pour autre chose ?

Bien souvent, la préoccupation de la vie intérieure, ou le désir de progresser spirituellement ou humainement parlant, passe au dernier plan de nos priorités ou de nos préoccupations… faute de temps, de disponibilité.

C’est une question à nous poser individuellement et collectivement : quelle place laissons-nous à Dieu, à l’Évangile, à la méditation, à la prière dans notre vie ? Quelle chance laissons-nous à Dieu de nous transformer (pour advenir à l’image du Christ) ?

Car enfin, c’est peut-être pour cette raison que nous sommes sur terre dans cette vie : pour une évolution, une transformation de notre être ?

Si l’objectif de Jésus est de nous ouvrir au Ciel dans cette vie, ici et maintenant – car nous ne sommes pas seulement de la terre, mais de la terre et du Ciel  (cf. Genèse 1 & 2) : sommes-nous réellement disposés à prendre du temps, à nous rendre disponibles, pour vivre cette expérience qui nous renouvellera, qui élargira notre conscience, qui nous ouvrira notre esprit ?

Sommes-nous disposés à prendre du temps chaque semaine pour cela ?

L’Évangile nous dit qu’il y a urgence… Car pendant ce temps, notre vie se consume… le temps passe… et nous risquons de perdre notre vie (et le temps précieux qui nous est donné) dans les soucis ou les distractions… loin de l’essentiel de notre vocation d’enfant de Dieu.

Ainsi, le message de la parabole du trésor caché dans un champ, est simple : Le Royaume des cieux vaut tout ce qu’un homme possède.

La morale de la parabole du trésor enfoui nous appelle à un choix : il y a urgence. Jésus nous propose de faire du tri, de faire la part des choses et de distinguer ce qui devrait être prioritaire dans notre vie, ce qui a le plus de valeur (sur le plan spirituel bien sûr, pas financier).

Il nous invite ainsi à choisir l’essentiel, et donc à renoncer au secondaire… il s’agit même d’être prêt à tout sacrifier pour le Règne de Dieu, le vrai trésor.

La parabole de la perle précieuse transmet le même message. Elle va même plus loin, dans la mesure où elle introduit une concurrence entre la pièce inestimable (la perle la plus précieuse) et tout le reste qui doit être vendu, pour acquérir l’Unique.

Autrement dit, le Royaume de Dieu, aux yeux de Jésus, vaut une prise de risque. Pour y entrer, il faut une certaine détermination : être prêt à tout lâcher, tout abandonner, pour un bien plus précieux, pour acquérir la perle précieuse…  la nouveauté de vie que propose Dieu.

Enfin, qu’est-ce que cela produit ?

Jésus veut faire de notre cœur une terre fertile pour accueillir l’amour, la justice, et la paix qui viennent de Dieu.

Ésaïe comme Jésus annoncent, l’un et l’autre, un Dieu qui transforme les situations… un Dieu susceptible de nous changer, de nous faire évoluer.

Accueillir le Ciel en soi, est forcément gage de nouveauté.

Les fruits produits par une intimité avec l’Esprit de Dieu, avec son Souffle, sont cités à différents endroits du Nouveau Testament. Je finirai simplement par un bref extrait de la lettres de Paul aux Galates, qui indiquent les promesses qui nous sont offertes :

« voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi »

Galates 5 : 22

C’est ce que fait Dieu en agissant dans nos cœurs : il nous apporte sa paix et sa joie (cf. Philippiens 4 : 6-7).

Jésus nous invite à en faire l’expérience, dans le cœur à cœur avec Dieu.

Amen.

Partager