Culte du 21 juin 2020 à Bordeaux Rive-droite:

Prédication proposée par le pasteur Roland Revet – liturgie choisie par Catherine Golfier

  • en présentiel le 21 juin 2020 à 10h30 dans la cour du temple de la Rue de Tresses, présidé par Marianne Authier
  • en audio et lecture sur notre site ici

Accueil et proclamation de la grâce:

Dans l’Évangile de Luc, nous lisons ces paroles :

« Veillez et priez en tout temps, afin que vous ayez la force …

de paraître debout devant le Fils de l’Homme. »

L’Évangile se présente à nous comme une urgence,

et nous avons trop souvent tendance :

à nous assoupir dans les habitudes de notre quotidien,

à devenir paresseux dans notre quête de la vérité,

à nous courber devant les fatalités de notre vie et de notre monde.

Aujourd’hui,

Nous voulons prendre le temps de la veille,

de l’écoute attentive de l’Évangile.

Nous voulons prendre le temps de la prière,

du dialogue, du face à face avec Dieu.

Nous voulons prendre le temps de la halte,

afin de trouver la force nécessaire,

pour nous tenir debout, adultes et responsables,

devant Dieu et devant les hommes,

au nom de l’Évangile de Jésus-Christ.

Amen.

Louange:

Louons le Seigneur.

Seigneur, aujourd’hui, nous voulons te dire merci,

car nous pouvons tout te dire.

Te poser des questions, crier notre refus

Quand la vie est trop dure, le chemin trop pentu.

Te chanter notre joie, au temps de l’allégresse,

Et raconter nos peines, au creux de nos détresses.

Parler de l’avenir, le voir dans l’espérance,

Puis te remettre nos craintes, à cause de la souffrance.

Déposer notre amertume, le fruit de nos rancœurs,

Et recevoir ton pardon, plus fort que nos peurs.

Crier notre colère devant les injustices,

Confesser nos paresses, avouer notre avarice.

Poser notre fardeau, nos doutes et nos soucis,

Pour hisser notre voile au souffle de ton Esprit.

Cantique: 92, 1,2 et 4

Ps 92. Oh ! que c’est chose belle

  1. Oh ! que c’est chose belle
    De te louer, Seigneur,
    De chanter ta splendeur
    Au milieu des fidèles ;
    Quand le jour vient de naître,
    D’annoncer ta bonté
    Et ta fidélité
    Quand la nuit va paraître.
  1. Tes œuvres surprenantes
    Ont réjoui mon cœur
    Et je dirai, Seigneur,
    Leur sagesse étonnante.
    Tes pensées sont profondes ;
    Plus il les étudie,
    Plus l’homme est interdit :
    Ta main garde le monde.
  1. Tu oins d’une huile fraîche
    Le front de ton enfant ;
    On le voit rayonnant,
    Vigoureux comme un cèdre.
    Sa gloire et sa richesse
    Sont d’orner ta maison ;
    Tes fruits chaque saison
    Combleront sa vieillesse.

Volonté de Dieu et repentance:

Seigneur,

nous voulons te remettre tout ce qui nous encombre et nous empêche de te suivre.

Tu nous appelles à devenir des artisans de ton Royaume,

et nous sommes préoccupés par nos fausses richesses.

Tu nous appelles à nous mettre en marche à ta suite,

et nous sommes retenus par nos peurs et nos habitudes.

Tu nous appelles à oser la vie de l’Évangile,

et nous nous enfermons dans nos ténèbres et dans nos morts.

Tu nous appelles à labourer le champ de notre monde,

et nous avons la nostalgie d’un passé où tout était mieux.

Seigneur, pardonne-nous

et donne-nous ta liberté,

ton courage et ta joie

pour que nous apprenions,

encore et toujours,

à devenir des disciples qui marchent à ta suite.

Amen.

Pardon:

Que Dieu nous mette au cœur l’assurance de son pardon

et qu’il nous donne de marcher vers son Royaume.

Amen.

Prière d’illumination:

Nous prions avant de lire les Écritures ;

Au moment où nous allons ouvrir l’Écriture,

accorde-nous d’y trouver, 

non pas un discours bavard,

mais une parole qui ait du poids. 

Une parole qui nourrisse notre foi, 

Une parole qui éclaire nos choix,

Une parole qui porte nos combats.

Amen.

Texte prédication : Matthieu 10, 24-39

24Aucun disciple n’est supérieur à celui qui l’enseigne ; aucun serviteur n’est supérieur à son maître. 

25Il suffit que le disciple devienne comme celui qui l’enseigne et que le serviteur devienne comme son maître. Si l’on a appelé le maître de maison Béelzébul, à combien plus forte raison insultera-t-on les membres de sa maison !

26Ne craignez donc pas ces gens-là. Tout ce qui est caché sera découvert, et ce qui est secret sera connu. 

27Ce que je vous dis dans l’obscurité, répétez-le à la lumière du jour ; et ce que l’on chuchote à votre oreille, criez-le du haut des toits. 

28Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr à la fois le corps et l’âme dans l’enfer. 

29Ne vend-on pas deux moineaux pour un sou ? Cependant, aucun d’eux ne tombe à terre sans votre Père. 

30Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. 

31N’ayez donc pas peur : vous valez plus que beaucoup de moineaux !

32Celui qui se déclare publiquement pour moi, je me déclarerai aussi pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; 

33mais si quelqu’un affirme publiquement ne pas me connaître, j’affirmerai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux ne pas le connaître

34Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat. 

35Je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère ; 

36on aura pour ennemis les membres de sa propre famille. 

37Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. 

38Celui qui ne se charge pas de sa croix pour marcher à ma suite n’est pas digne de moi. 

39Celui qui voudra garder sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.
 

Lecture : Jérémie 20, 7-13

7Seigneur, tu m’as séduit et je me suis laissé prendre ;
tu m’as forcé la main, tu as gagné.
À longueur de journée, on rit de moi,
tous se moquent de moi.
8Chaque fois que je parle, il me faut hurler,
dénoncer à grands cris la violence et l’oppression.
Et quand j’ai à proclamer une parole de ta part,
je subis toute la journée des moqueries et d’autres insultes.
9Si j’en viens à me dire :
Je veux l’oublier, je ne parlerai plus de la part de Dieu,
il y a alors au plus profond de moi
comme un feu intérieur qui me brûle.
Je m’épuise à le maîtriser, mais je n’y parviens pas.
10J’entends beaucoup de gens dire du mal de moi ;
ils me surnomment “la terreur est partout”.
« Dénoncez-le, disent les uns.
– Oui, dénonçons-le », répètent les autres.
Mes proches eux-mêmes guettent ma moindre erreur,
ils espèrent me prendre en défaut.
« Alors, disent-ils, nous le tiendrons
et nous aurons notre vengeance. »
11Mais le Seigneur est pour moi un héros puissant.
Ce sont mes persécuteurs qui trébucheront.
Ils n’auront pas le dernier mot.
Humiliés d’avoir échoué,
ils seront déshonorés pour toujours,
et personne ne l’oubliera.
12Car le Seigneur de l’univers sait reconnaître
quand une personne pratique la justice.
Il sait très bien ce qui le motive.
Je t’ai confié ma cause.
J’espère assister à ta revanche sur mes adversaires.
13Chantez pour le Seigneur, acclamez-le,
car il a arraché le malheureux aux griffes des malfaiteurs.
 

Cantique:

 

47-04. Confie à Dieu ta route

  1. Confie à Dieu ta route,
    Dieu sait ce qu’il te faut.
    Jamais le moindre doute
    Ne le prend en défaut.
    Quand à travers l’espace
    Il guide astres et vents,
    Ne crois-tu pas qu’il trace
    La route à ses enfants ?
  1. Tout chemin qu’on t’impose
    Peut devenir le sien ;
    Chaque jour il dispose
    De quelque autre moyen ;
    Il vient, tout est lumière ;
    Il dit, tout est bienfait ;
    Nul ne met de barrière
    A ce que sa main fait.
  1. Bénis, ô Dieu, nos routes,
    Nous les suivrons heureux.
    Car toi qui nous écoutes,
    Tu les sais, tu les veux.
    Chemins riants ou sombres,
    J’y marche par la foi :
    Même au travers des ombres,
    Ils conduisent à toi.

 Prédication

Ce que nous trouvons, dans ce chapitre 10 de Matthieu, c’est un certain nombre de paroles que Jésus a dû prononcer dans diverses circonstances au cours de son ministère et qui ont été rassemblées ici à cet endroit de l’Évangile pour les actualiser et les adresser à des chrétiens vivant au cours des années 80 ou 90 du 1er siècle et qui se trouvaient sans doute déjà en situation de persécution ici ou là.

On perçoit assez clairement trois grands thèmes :

  • Ce qui est privé doit devenir public,

  • Ça peut vous sembler inquiétant, mais en réalité tout cela est normal, ne vous laissez pas arrêter,

  • Quoi qu’il en soit, ayez confiance, il y a du sens dans tout cela.

Première idée : ce qui est privé doit devenir public, ce qui se murmure en secret, dans l’ombre, finira par être crié sur les toits ou, encore mieux : dans les journaux, à la télé, sur internet.

Cela n’a rien à voir avec le fait de colporter des ragots ou des rumeurs. Jésus veut sans doute plutôt nous dire que le mouvement de l’Évangile c’est la révélation (en grec ça se dit « apocalypse »), le dévoilement de ce qui est caché, petit, invisible, en germe. C’est conforme à l’événement de Pâques : la vie de Jésus a été cachée dans le tombeau, elle est secrète, invisible, impossible, il semble que ce soit la fin de tout, et pourtant c’est le germe d’un monde nouveau et d’une vie nouvelle, incomparable.

Au cours des années de son ministère, Jésus a dit des choses, il dit des secrets sur le monde, sur Dieu, sur la vie, sur les relations entre les humains. Il parle, mais forcément à un nombre limité de personnes, à ses disciples, à des groupes de gens qui se trouvent là et qui sont intéressés, ou non. Et nous, au bout du compte, à la suite d’une longue succession de générations, nous reprenons et réécoutons ces paroles dans nos assemblées qui, elles aussi, sont limitées, peu nombreuses, disséminées. Ça se passe dans nos cultes, nos réunions, nos rassemblements … C’est la vie interne de l’Église, elle est parfois un peu cachée, pas vraiment secrète mais généralement ignorée et apparemment sans grand intérêt pour ceux qui sont en dehors. Alors ?

Alors, il faut se rappeler que le but final n’est pas là, ce n’est qu’un moyen, une étape. Ce qui compte, c’est la façon dont tout ça va finir par se diffuser vers l’extérieur. À quoi servirait-il que quelques dizaines, ou même quelques dizaines de milliers de personnes voient le monde tel que Jésus nous le révèle, tel qu’il est grâce aux yeux que Dieu leur donne, si cette façon de voir ne sortait pas des limites d’un groupe relativement restreint ? L’Évangile de Jésus Christ n’est pas une sagesse dont la connaissance et la possession seraient destinées à un petit groupe d’initiés – ça, c’est la définition d’une secte. Au contraire, l’Évangile est destiné « à toutes les nations », il a la prétention d’être la clé (ou en tout cas une clé) d’interprétation du monde, un moyen de le comprendre en vue de le changer, c’est-à-dire d’y faire apparaître le règne de Dieu. Comme le rappelle le titre d’un article d’Olivier Brès dans un récent numéro de Réforme : « Il faut oser exprimer des convictions ». Mais c’est un combat, cela entraîne aussi des affrontements à propos des choix qu’on est amené à faire. C’est ce que Jésus veut dire un peu plus loin lorsqu’il affirme « je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat », il y a, il y aura des résistances, il faut y être prêts.

Deuxième idée : ça peut vous inquiéter, mais que cela ne vous arrête pas ! « Ne les craignez pas, ne craignez pas ces gens-là », disait Jésus, et Matthieu, 50 ou 60 ans plus tard, redit ces paroles avec reconnaissance en écrivant à l’intention de communautés qui subissent à ce moment-là la persécution.

Bien sûr, il y a des raisons d’avoir peur, Jésus le sait, Matthieu aussi, tout comme Jérémie dans le passage que nous avons entendu tout à l’heure. Mais nous, nous l’oublions parfois, parce que nous ne sommes plus directement persécutés et que nous ne pensons pas toujours à ceux qui, ailleurs, souffrent réellement à cause d’une vision du monde qu’ils tirent de leur lecture de l’Évangile et qu’ils essaient d’opposer à la réalité dans laquelle ils vivent. Pourtant, la persécution, ce n’est pas une notion réservée au passé ou à des pays lointains, ça ne se résume pas aux premiers chrétiens jetés aux lions dans les arènes à Rome, ou aux Huguenots condamnés à ramer sur les galères de Louis XIV. Jésus avait prévenu ses disciples : il y a risque de persécution pour quiconque voudra confronter la vie, le monde tel qu’il est avec le projet et la vision d’espérance qu’on tire de l’Évangile, surtout si on cherche à en déduire publiquement des conséquences concrètes, des comportements pratiques. Il n’y a pas grand risque de persécution pour qui se contentera de chuchoter dans l’obscurité des chapelles des paroles, même tirées de l’Évangile, ou des formules liturgiques confidentielles ! C’est ce que disait Calvin qui s’énervait contre ceux qu’il appelait les « Nicodémites » (d’après Nicodème, le savant pharisien dont nous parle l’Évangile de Jean) qui, disait-il, voulaient bien acquiescer intérieurement aux doctrines évangéliques, mais sans que cela se sache publiquement !

On pourrait hélas donner des centaines d’exemples de persécutions subies actuellement par des croyants dans le monde. Toutefois, en ce qui nous concerne nous ici en Europe par exemple, les principales difficultés ne concernent pas, comme c’était le cas au 16ème ou au 17ème siècle, des questions de confession de foi, des notions théologiques abstraites, mais plutôt des points concrets à propos desquels la parole de Jésus se situe en opposition avec la pratique de la vie du monde. En fait, même s’il n’est pas toujours question de persécutions à proprement parler, les problèmes surgissent le plus souvent à cause d’un affrontement avec les prétentions d’un pouvoir économique, sociétal ou politique. Ce n’est pas nouveau, les premiers chrétiens avaient été condamnés parce qu’ils disaient : Christ est seigneur, et que l’empire exigeait que l’on commence par dire : c’est César qui est seigneur !

Et c’est là que nous sommes nous aussi directement concernés alors que nous pensions ne plus être aujourd’hui menacés, dans un pays comme le nôtre, par des difficultés au nom de notre foi. Où se situent aujourd’hui les points essentiels de notre fidélité à l’Évangile de Jésus de Nazareth ? Qu’est-ce qui est acceptable, qu’est-ce qui est intolérable, qu’est-ce qui reste négociable dans la façon de vivre de nos sociétés, dans les orientations que prend l’histoire du monde de notre temps ? Pouvons-nous ne rien dire, et qu’est-ce qu’il convient de dire ?

Mais Jésus insiste : « Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en plein jour, et ce que vous entendez à l’oreille, prêchez-le sur les toits » D’accord, mais ça risque de faire du bruit ! Je pense par exemple que si, au 17ème ou au 18ème siècle, un prédicateur inspiré par ces versets s’était, à Bordeaux, dressé publiquement contre le commerce des esclaves, il aurait rencontré des oppositions, basées sans doute sur des arguments économiques sérieux. Si, entre 1914 et 1918, les Églises avaient lancé une grande campagne pacifiste autour du commandement défendant de tuer et de l’amour pour l’ennemi, ça ne serait pas passé inaperçu. Lorsque, en avril 1973, l’épiscopat catholique et la Fédération protestante de France ont publié conjointement une « note de réflexion sur le commerce des armes », mettant en cause la part de la France dans ce domaine, le président Pompidou a ironisé sur « l’idéalisme théorique » de ce document et un amiral dont j’ai oublié le nom a prié les Églises « de s’occuper de leurs oignons » ! En Allemagne, entre 1933 et 1945, les réactions allaient semble-t-il beaucoup plus loin et celles et ceux qui prétendaient confronter la pratique du Troisième Reich aux exigences de l’évangile en sont morts, pour la plupart.

Le combat a continué. Les Églises ont joué un rôle déterminant, en Afrique du Sud, dans la lutte contre l’apartheid, on peut dire qu’elles ont réussi, même si la situation sur place n’est toujours pas brillante, mais le racisme n’est pas mort, il n’est pas nécessaire de le redire ici en France aujourd’hui, comme en Amérique ou encore ailleurs dans le monde.

Lorsque des chrétiens font ce genre d’incursion dans la vie publique, cela suscite à chaque fois des réactions, violentes ou discrètes, soit de la part des autorités, ou de l’opinion publique, parfois au sein des Églises elles-mêmes. Il arrive donc qu’on se retrouve opposés les uns aux autres dans un même pays, dans une même famille, dans une même paroisse. Jésus nous a prévenus : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat, je suis venu opposer l’homme à son père, etc. ». Alors, bien souvent, on préfère éviter d’aborder directement ce genre de sujets susceptibles de nous diviser. Mais cette prudence est-elle compatible avec la fidélité à l’Évangile ? Il est vrai que, dans les églises réformées, ce n’est peut-être pas le rôle des institutions centrales de se prononcer sur ces questions, mais c’est certainement la tâche, le ministère de chacun des membres de l’Église de s’y engager, en raison de l’Évangile dont ils viennent se nourrir régulièrement.

Et enfin, troisième idée : Ayez confiance, dit Jésus, tout cela a un sens. Autrement dit : Si ça devait tourner mal, ne vous inquiétez pas pour autant, ce ne sera pas définitivement grave !

Au fond, qu’est-ce qu’on risque ? Pas plus que sa réputation ou sa vie. Les forces hostiles à l’Évangile pourront vous calomnier, vous détruire aux yeux des autres, au pire, elles ne peuvent faire plus que tuer les partisans de l’Évangile. Jésus sait de quoi il parle lorsqu’il dit que, même si ça n’est certes pas négligeable, ce n’est pas définitivement sérieux. Ce qui est vraiment grave, irrémédiable, ce serait de perdre sa vie, de la gâcher, de la vivre en la vouant au néant, à l’inutile, à l’absurde, gaspiller sa vie en la mettant au service ou en étant complice des faux dieux, des idoles, des puissances provisoires, des intérêts éphémères, de tout ce qui déshumanise l’être humain, ce qui dénature la création de Dieu, voilà qui est grave, c’est cela qu’il faut craindre, car c’est ce qui prive la vie humaine de sons sens. Si nous vivons, c’est pour saluer l’avènement du Règne de Dieu et pour en vivre des fragments à l’avance !

C’est un combat difficile, mais Dieu n’en est pas absent. Avec Jésus il a connu l’échec, il a connu l’ironie, les moqueries, il a subi les souffrances et la mort. Il sait les soucis et les peines de chacune de nos vies. Il en est solidaire. Souvent, ces soucis nous accablent, nous trébuchons, et les moineaux finissent par tomber à terre, mais Jésus nous dit que, d’une façon qui reste encore mystérieuse pour nous, tout cela ne se fait pas sans que Dieu soit là.

Il faut peut-être que l’Évangile soit attesté par la souffrance de celles et ceux qui y adhèrent, par le martyre des uns, par les désagréments que subissent les autres, chaque fois qu’il s’agit d’affirmer qu’il y a incompatibilité entre le projet de Dieu et la vie que mène le monde. Tout cela n’est pas perdre sa vie, c’est en découvrir le véritable sens. Notre travail consiste à détecter ce qui est encore invisible, à saluer l’arrivée de ce qui est encore imperceptible, à confesser ce qui est incroyable, envers et contre tout !

Car Dieu aime ce monde, il veut en faire son Royaume, à nous d’y collaborer, même si cela coûte cher.

Télécharger la prédication

Cantique: 47/19 str. 1,2 et 3 

Ref.: Tu es là au cœur de nos vies
Et c’est toi qui nous fait vivre
Tu es là au cœur de nos vies
Bien vivant, ô Jésus-Christ

Dans le secret de nos tendresses
Tu es là
Dans les matins de nos promesses
Tu es là

Dans nos cœurs tout remplis d’orages
Tu es là
Dans tous les ciels de nos voyages
Tu es là

En plein milieu de nos tempêtes
Tu es là
Dans la musique de nos fêtes
Tu es là

Confession de foi (Fr. Clavairoly):

Levons-nous pour confesser notre foi.

Je crois en l’Esprit Saint, Souffleur de Dieu,

Éclaireur de nos vies,

désignant pour chacun la route à suivre,

et aussi l’horizon.

Je crois en Jésus Christ Sauveur, Signature de Dieu,

Lisible dans l’Évangile, par ses mots et ses gestes,

et qui atteste pour toute l’humanité d’un pardon

et d’une grâce à jamais ineffaçables.

Je crois en Dieu, Créateur et Père de tous,

dont le ciel et les étoiles chantent en silence

la puissance et la gloire.

Et je crois que l’Église sur la terre

proclame avec joie l’espérance imprenable

du Royaume qui vient.

Qu’elle s’engage à la suite du Christ

par ses mots et ses gestes,

insuffisante et fragile mais solidaire des hommes

infidèle mais aimée de Dieu,

impardonnable mais pardonnée,

au service d’un monde qui ne l’attend pas,

et de Dieu qui inlassablement la relève et l’attend.

Je crois que Dieu, pour le salut du monde,

ne manque pas de Souffle !

Amen.

Prière d’intercession:

Père, ta parole nous a redit ton amour pour ce monde.

Nous te prions pour la paix.

Une paix fondée sur l’amour en Christ.

Que l’inimitié et la peur fassent place au pardon.

Nous te prions pour que naisse en nous l’espérance

Une espérance qui jaillisse de la résurrection.

L’espérance qui est en celui-là seul qui est venu

et qui viendra.

Nous te prions pour recevoir le courage.

Le courage de demeurer fidèles jusqu’au bout.

Le courage de demeurer fermes

quand le mal paraît triompher,

et que les combats pour la vérité semblent perdus.

Le courage de rebâtir

quand tout s’écroule autour de nous.

Le courage d’être un peuple pèlerin, en route vers l’inconnu,

assurés que le chemin n’est pas caché pour Dieu.

Le courage d’être le corps du Christ

de sorte que celles et ceux qui souffrent

connaissent par nous la tendresse du Seigneur.

Et tous ensemble, nous te disons la prière que Jésus a enseignée à ses disciples :

Notre Père…..

Amen.

Envoi:

Dieu nous envoie dans le monde

pour être les témoins de son espérance

par nos actes et nos paroles.

A toutes les bonnes et les mauvaises excuses

que nous inventons pour ne pas vivre l’Évangile,

il répond simplement :

Va, je suis avec toi.

Bénédiction:

Que la promesse de sa présence,

la certitude de sa délivrance

et le souffle de son espérance,

soient la racine de votre foi

la vérité de votre combat

et la source de toute joie

Amen.

Cantique: 34/18

1- A toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.
Brillant de lumière, L’ange est descendu ;
Il roule la pierre Du tombeau vaincu.
À toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.

2- Vois-le paraître : C’est lui, c’est Jésus,
Ton Sauveur, ton Maître ; Oh ! ne doute plus !
Sois dans l’allégresse, Peuple du Seigneur,
Et redis sans cesse Que Christ est vainqueur.
À toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.

3- Craindrais-je encore ? Il vit à jamais,
Celui que j’adore, Le prince de paix.
Il est ma victoire, Mon puissant soutien,
Ma vie et ma gloire : Non, je ne crains rien.
À toi la gloire, O ressuscité !
À toi la victoire Pour l’éternité.

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