Une grande première!

La communauté de Bordeaux Rive-droite a proposé un culte par visioconférence le jour de pentecôte.

Ci-dessous quelques extraits:

 

LOUANGE

Loué sois-tu, Esprit créateur ! par toi, toutes choses sont faites nouvelles, par toi, les hommes prophétisent, par toi, les disciples deviennent apôtres. Loué sois-tu, Esprit de vérité ! par toi, nous voyons la lumière, par toi, nous comprenons la Parole, par toi, nous apprenons à prier. Loué sois-tu, Esprit de sainteté ! tu rends témoignage en nous, tu intercèdes en nous, tu nous assistes et nous guéris. Loué sois-tu, Esprit de force et de puissance ! Esprit de flamme et de feu, Esprit de sagesse et d’espérance. (d’après Joël) – 53 – Loué sois-tu, Saint-Esprit ! Esprit de Dieu.

Cantique: Viens Saint-Esprit Dieu créateur (ALLELUIA 35/06 1 et 3)

Viens Saint-Esprit, Dieu créateur,
Fais naître la foi dans nos cœurs
Et nous accorde ton baptême.
Ton eau vivante, ô Saint-Esprit,
Abreuve ceux que Jésus-Christ
A voulu lier à lui-même.
Viens de tes dons mystérieux,
Sceller en nous l’amour de Dieu.

Viens Saint-Esprit, Dieu créateur,
Dans notre monde et sa rumeur
Souffler le vent de ta sagesse.
Saisis ce monde en ton pouvoir ;
Parmi ses peurs et ses espoirs,
Couronne-le de ta promesse ;
Qu’enfin le monde soit joyeux
D’attendre la venue de Dieu.

 

 

Repentance

L’Esprit saint nous invite à la fête. Il nous redit Jésus de Nazareth, sa parole pleine d’autorité, sa vie offerte pour tous. Prions : Père, tu sais combien nous sommes hésitants ou réticents à suivre ton Fils : Il nous demande d’aimer et souvent nous pensons d’abord à nous-mêmes. Il nous invite à être accueillants et fraternels et nous voulons préserver notre tranquillité. Il nous convie à de vrais partages alors que nous avons soif de posséder. Envoie sur nous ton Esprit, qu’il change notre cœur, qu’il donne souffle à notre vie. Renouvelle pour nous la paix de ton pardon. Amen.

Déclaration du Pardon

Frères et sœurs, nous vous l’annonçons avec assurance : Dieu a relevé Jésus d’entre les morts. Le Christ est assis à la droite du Père. L’Esprit saint vient sur chacun de nous. Par l’Esprit, nous savons que Dieu nous aime comme ses enfants. Par l’Esprit, nous sommes assurés qu’il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont unis au Christ. Dieu nous réconcilie avec Lui : Il nous accorde la paix de son pardon, Il nous appelle à la vie éternelle.

Cantique : Saint-Esprit Dieu de lumière (ALLELUIA 35/07 1-2)

Lecture biblique : Actes 2, 1-11

La venue de l’Esprit saint

1Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. 
 
2Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme un violent coup de vent, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 
 
3Ils virent apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et se posèrent une à une sur chacun d’eux. 
 
4Ils furent tous remplis de l’Esprit saint et ils se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait d’exprimer.
 
5À Jérusalem vivaient des Juifs qui honoraient Dieu, venus de tous les pays du monde. 
 
6Quand ce bruit se fit entendre, ils s’assemblèrent en foule. Ils étaient tous profondément surpris, car chacun d’eux entendait les croyants parler dans sa propre langue. 
 
7Ils étaient remplis de stupeur et d’admiration, et disaient : « Ces gens qui parlent, ne sont-ils pas tous Galiléens ? 
 
8Comment se fait-il que chacun de nous les entende parler dans sa langue maternelle ? 
 
9Parmi nous, il y en a qui viennent du pays des Parthes, de Médie et d’Élam. Il y a des habitants de Mésopotamie, de Judée et de Cappadoce, du Pont et de la province d’Asie ; 
 
10certains sont de Phrygie et de Pamphylie, d’Égypte et de la région de Cyrène, en Libye ; d’autres sont venus de Rome, 
 
11de Crète et d’Arabie ; certains sont nés Juifs, et d’autres se sont convertis à la religion juive. Et pourtant nous les entendons parler dans nos diverses langues des grandes œuvres de Dieu ! » 

prédication du pasteur Nina Liberman

Je vous propose une méditation sur les langues sur : « Quelle est cette langue que les disciples de Jésus se mettent à parler et que chacun entend dans sa propre langue maternelle ? »

Pour essayer de la comprendre je vous propose de faire un détour par deux autres histoires de langue : celle de la tour de Babel et par une autre, qui n’est pas biblique mais que vous connaissez peut-être, il s’agit de la novlangue, terme inventé par George Orwell dans un livre intitulé 1984.

Ces deux histoires nous éclaireront pour dire ce en quoi la langue de Pentecôte n’est pas.

  1. La tour de Babel c’est l’histoire de l’humanité, uniforme, parlant la même langue, et décidant d’un même corps de se construire une tour pour devenir comme des dieux et dominer le monde. Ce texte dénonce les fins politiques et religieuses impérialistes de Babylone qui souhaite ainsi imposer sa culture et uniformiser tous ses habitants pour mieux régner sur eux et les diriger.

    Le « brouillage » des cultures et des langues est selon ce texte, le remède que Dieu trouve pour empêcher cette domination et faire en sorte que l’homme reste homme et ne se prenne pas pour Dieu. Ce que nous retiendrons avec ce texte c’est que l’uniformisation des langues et des cultures est un moyen de domination et d’asservissement des individus et des peuples, les exemples dans l’histoire sont hélas nombreux  quand il s’agit de faire masse et faire corps pour servir une idéologie et une dictature.

  2. La novlangue, c’est un peu la même la chose, il s’agit aussi dans le livre de Orwell, d’un asservissement mais cette fois-ci obtenu par l’appauvrissement du vocabulaire, du nombre de mots, qui entraîne l’anéantissement de la pensée et donc de l’individu : quand il n’y a plus de mots pour exprimer sa pensée, l’individu, livré à ses sentiments affectifs et émotionnels, est prisonnier de lui même et la relation avec les autres devient une relation sans communication, sans échange, sans débat, sans humanité.

Ces deux exemples nous montrent qu’elle est l’importance dans une société, qui se veut libre et humaine, de la diversité et de la richesse de la langue, c’est-à-dire si on va un peu plus loin de la diversité des cultures, et des expressions propres à chacune.

Qu’est-ce donc maintenant que cette langue parlée dans les Actes ? Par rapport aux deux histoires dont je viens de parler, nous pouvons dire que ce n’est pas une langue « de plus » qui gommerait celles d’avant pour les remplacer ou pour les écraser. Chacun l’entend dans sa langue maternelle, elle s’enracine en elles, c’est dans la langue et les mots de chacun qu’elle trouve son « terroir ». Son bouillon de culture…

Est-ce qu’elle apporte de nouveaux mots ? Pas vraiment du point de vue du vocabulaire. Mais dans tous les cas c’est une expérience complètement nouvelle, une révélation, un enrichissement, une ouverture, un questionnement aussi dont il va falloir trouver les mots pour en parler. Quantités de livres seront aussi écrits sans jamais pourtant en atteindre le cœur et la maîtrise. C’est bien le propre de cette langue qui veut rester libre et prolifique, c’est la langue de Dieu, qui avait refusé lui même qu’on l’enferme dans un nom, souvenez-vous du buisson ardent et de la réponse faite à Moïse : qui lui demandait « qui dois-je annoncer ?! » « Je suis celui que je serai ! » lui avait alors répondu Dieu.

C’est une langue donc que l’on ne peut pas enfermer ,dont on ne peut compter les mots. Une langue prolifique.

Cette langue c’est donc le contraire de l’impérialisme, c’est une langue à écouter et à dire aussi puisqu’elle s’enracine dans nos « terroirs » ! C’est une langue qui dit « reçois-moi là tu es », « parle-moi de toi », « parle- moi de toi depuis ta culture, depuis ta maison, depuis ton cœur . Depuis la langue qui est la tienne. Entends-moi depuis là où tu es, là où tu en es ».

Il y a une question d’extériorité et d’intériorité qui est très bien exprimée par l’image du souffle : à Pentecôte, le souffle saint, extérieur à nous, vient remplir nos poumons pour nous faire parler , pour nous dire des choses. Pour que les mots sortent.

C’est un souffle extérieur qui a besoin d’espace pour tourbillonner et prendre son élan, un espace que les constructeurs de la Tour de Babel ont voulu réduire, ignorer. C’est un Souffle qui a besoin de respiration et d’expiration, d’échanges et que nous devons trouver aussi à l’intérieur de nous. Un souffle garant de la liberté de Dieu et de notre liberté d’échanger et d’être en relation avec lui.

Le second texte qui était proposé aujourd’hui parle de la diversité (encore) des membres et de l’unité du corps, il dit que « tous juifs, grecs, esclaves ou hommes libres, nous sommes abreuvés de ce même Esprit ». C’est comme si nous disions aujourd’hui « que tous musulmans, français (laïcs et athées!), chinois, riches ou pauvres nous sommes tous abreuvés de ce même esprit ».  Avons-nous l’audace de le penser comme l’apôtre Paul en son temps ? Je crois que nous devrions le faire car cette langue est un souffle, ouvert et promis à tous, à l’œuvre partout où il se fait entendre, voir et se dit l’amour. Car cette langue n’est-elle pas tout simplement celle de l’amour ? Du respect du prochain et des paroles et des gestes qui font vivre ? Qui ressuscitent les malheureux et relèvent les opprimés, les laissés pour compte , qui nourrissent ceux qui ont faim, désaltèrent les assoiffés, s’émeuvent de la création, s’indignent des paroles qui blessent et qui tuent ?

Ailleurs, non loin du verset que je viens de vous lire, il est encore écrit : « Quand je parlerais en langues, celles des hommes et celles des anges, s’il me manque l’amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante ». De toutes les choses bonnes qui nous sont données du ciel, « la foi, l’espérance et l’amour, l’amour est le plus grand ». (1Cor 13, 1 et 13). L’unité entre les cultures, des cultes entre les peuples, des êtres humains proches et lointains se trouve dans l’amour.

A Pentecôte, chers amis, nous pouvons fêter, une langue qui nous donne du souffle, qui élargit notre espace intérieur, le pacifie et le libère, qui élargit notre horizon, et qui nous fait reconnaître, apprécier et louer, nos diversités, de langues et de cultures, de cultes aussi. Une langue, qui nous appelle à l’humilité car si nous nous sentons appelés à parler de Dieu et à le confesser (en tant qu’Église c’est notre don et notre précieuse vocation), d’autres à notre place ou à leur place, depuis leur propre terroir et culture pratiquent l’amour, participent ainsi eux aussi au salut du monde. Alors merci à eux, merci à tous ceux qui depuis leur place, font vivre cette langue, répandent l’amour, c’est un souffle saint et merveilleux.

Amen

Cantique: A toi la gloire (ALLELUIA 34/18)

Partager