Enfin ! Nous voici dans une bonne chaleur, alors que le trouble du confinement semble s’éloigner de nous. C’est ce que nous exprime ce joli tableau de Frédéric Bazille, peintre protestant et montpelliérain (1841-1870). L’insouciance semble émerger de cette scène de jardin, bien que la transparence du personnage féminin intrigue.

Frédéric Bazille / la terrasse du jardin à Méric
La terrasse du jardin de Méric, peinte en 1867 par Frédric Bazille

Pourtant, les soucis ne sont pas si loin, on les a juste repoussés. En 1870, juste avant la guerre, Bazille peint la célèbre scène biblique avec Ruth allongée aux pieds de Boaz endormi. C’est aussi une scène d’été, après la moisson. Tout semble paisible, mais Ruth est inquiète car elle sort de la famine et de l’exil et son avenir est plus qu’incertain.

Quelques mois plus tard, Bazille sera tué lors de la guerre franco-prussienne.

Frédéric Bazille / Ruth aux pieds de Boaz
Frédéric Bazille / Ruth aux pieds de Boaz (1870)

L’été 2020 n’est pas non plus sans dangers, proches ou lointains, visibles ou invisibles. Sachons faire confiance en dépit des dangers, une confiance dans la promesse que la Bible nous formule à maintes reprises. Au long de cet été, n’oubliez pas un temps de prière, un temps de culte (avec les masques s’il vous plaît), et relisez le livre de Ruth, si beau, si plein d’espérance. N’oubliez pas non plus vos offrandes, afin que les trésoriers puissent aussi se reposer sans trop d’inquiétude.

PS. Tant qu’à faire, relisez aussi le poème de Victor Hugo, qui a manifestement inspiré Bazille : http://www.citadelle-fr.com/poesie/poetes/victor-hugo/booz-endormi

[…]
Ruth songeait et Booz dormait ; l’herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C’était l’heure tranquille où les lions vont boire.

Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l’ombre
Brillait à l’occident et Ruth se demandait,

Immobile, ouvrant l’œil à moitié sous ses voiles,
Quel Dieu, quel moissonneur de l’éternel été,
Avait en s’en allant, négligemment jeté,
Cette faucille d’or dans le champ des étoiles.

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