Nous continuons aujourd’hui à méditer sur ce beau psaume 23, dans le cadre d’une série de méditations, verset après verset. Si vous n’avez pas encore lu la méditation sur le verset 1, je vous invite à le lire en premier.

Psaume 23, verset 2

 

Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me mène près des eaux paisibles.

Une photo d'un cours d'eau paisible dans un prés vert
@R. Cabane

Qu’il est grand, mon berger.

David nous invite à découvrir la bonté et la bienveillance de ce bon berger qu’est Dieu. Avec des éléments de la vie courante il nous invite à la louange. Le croyant donne son témoignage à tout le monde en racontant ce que Dieu fait ou a fait pour lui.
Mais comme souvent, le premier à écouter ces témoignages est le témoins lui-même. Quand il énumère tous les bienfaits que le Seigneur qui est son berger, lui a déjà offerts, il entend en même temps un encouragement, un rappel de ce qu’il est peut-être juste en train d’oublier.

Qu’il est grand, mon berger. David et avec lui le croyant peut ainsi chanter les louanges de Dieu.

Les verts pâturages sont une image idyllique pour nous en France. Nous pensons aux vastes prés de la Beauce, aux vallées vertes du Lot et de la Dordogne, les derniers pâturages dans les Pyrénées ou dans le Massif Central défilent devant notre œil intérieur. Et encore aujourd’hui comme depuis toujours, sur ces verts pâturages, des troupeaux de moutons broutent paisiblement et suivent leur berger qui sait les diriger vers les terrains les plus verts.

C’est bien différent dans une région comme la Palestine, bordée à l’Ouest par la mer, au Sud et à l’Est par des déserts tout comme au Nord-Est, et où on trouve sur les montagnes bien plus de buissons épineux que de verts pâturages.
Dans un tel environnement l’image que nous dessine David prend encore plus de couleurs. Dans ces contrés, les verts pâturages sont certes, plus rares et plutôt l’exception mais aussi ils sont vraiment plus verts.
Comme un oasis ces verts pâturages reflètent la vie joyeuse, les rencontres amicales, les chants et l’abondance, même si autour il n’y a que du désert.

Oh oui, même entouré par des déserts, il me trouve des verts pâturages, il me trouve ce dont j’ai besoin pour vivre, non seulement chichement, mais en abondance, comme le dit Jésus (Jean 10,11 et 12). Même dans des situations difficiles, quand je ne vois plus vers où aller, il me dirige …

Qu’il est grand, mon berger. David et avec lui le croyant peut ainsi chanter les louanges de Dieu.

Tableau peint par une paroissienne qui représente un cours d'eau et une nature riche en couleurs
« Après la pluie » – Peinture de Christine Gillin

En suivant le bon berger nous arrivons – après avoir traversé déserts et pays rocailleux, – aux eaux paisibles.

Les eaux se divisent en deux catégories bien distinctes.

Ainsi nous connaissons l’eau qui menace la vie. Jonas a été engloutie par ces eaux tout comme Paul devant Malte. Les eaux tout au début de la Genèse où « l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux » (Genèse 1,2) n’ont rien de paisible et le déluge en est une illustration forte. (Genèse 7)

Il faut que Dieu sépare les eaux et qu’il s’en occupe pour que les eaux deviennent d’une part cette couverture des abîmes mystérieuse où sont confinées toutes les forces qui menacent la vie créé par Dieu et d’autre part cette « eau paisible » qui rend la vie possible, qui fait vivre, qui est source de toute vie.

Sans eau – pas de vie. Il me dirige près des eaux paisibles. Cette promesse, cette conviction et confiance, que Dieu me dirige, qu’il me guide et qu’il sait ce qu’il me faut, permet depuis toujours au croyant d’avancer sans voir le but, marcher sans connaître l’arrivée, mais de garder les yeux rivés sur son berger.
Et quand la traversée de nos déserts devient trop longue, quand les questions qui commencent par le fameux « pourquoi » deviennent trop oppressantes, quand la vue devient trouble à cause des problèmes, je regarde vers celui qui marche juste devant moi.

Que nous puissions, chers amis, en suivant Christ, nous retrouver au bord des eaux et y trouver la paix.

Qu’il est grand, mon berger.

Prière

trouvée dans le livre « Traces vives » Francine Carrillo, Suzanne Schell, Lytta Basset

Depuis l’aube des temps, Tu es !
Et ton nom passe dans notre histoire comme passe la source au désert.

Que savons-nous de toi,
sinon cette faim en notre cœur qui nous tient vivants ?

Depuis l’aube des temps, Tu es !
Et ton nom résonne de mille noms au creux de nos vies.

Nom de route aux jours où monte la tentation de s’arrêter.

Nom de paix dans la violence qui barre nos relations.

Nom de tendresse quand la morsure de la solitude se fait vive.

Nom de confiance aux nuits où l’angoisse déborde.

Nom de vérité quand tout ressemble à rien.

Nom d’avenir quand demain se dérobe.

Depuis l’aube des temps, Tu es !
Et ton nom, chaque jour, nous invente un chemin.

Au silence de nos cœurs,
viens souffler ton nom pour aujourd’hui !


Francine Carillo

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