Aujourd’hui, nous méditons sur le verset 3 du psaume 23, dans le cadre d’une série de méditations, verset après verset. Si vous n’avez pas encore lu les méditations sur le verset 1 et le verset 2, je vous invite à les lire en premier.

Psaume 23, verset 3

 

Il restaure mon âme, il me conduit dans des sentiers de justice à cause de son nom.

Un magnolia qui tend se pétales vers le ciel
Un magnolia qui tend ses pétales vers le ciel

Hier, avec le verset deux nous avons pu louer ce Dieu qui nourrit et abreuve ses brebis.

Les verts pâturages et les eaux paisibles, voilà ce qu’il faut physiquement pour vivre.  Bien manger et boire, qu’est-ce qu’on veut de plus pour être heureux.

Eh bien, David le sait bien, nous le savons bien : l’humain est beaucoup plus qu’un corps bien nourri. Ce qui en moi dit «je» ne se limite pas du tout aux apparences physiques mais connaît une profondeur beaucoup plus grande en nous.

Dans notre âme nous existons, c’est finalement elle qui loue Dieu, et c’est elle qui est en souffrance, c’est elle toujours, qui se réjouit ou qui s’angoisse. C’est l’âme qui fait la différence entre une chose sans vie et un vivant. C’est elle qui nous permet d’exprimer « nos états d’âme » en toute sorte.

Comme le bon berger nourrit le troupeau par l’herbe et l’eau fraîche, il prend également soins de notre âme .

Quand le Seigneur s’occupe de nous, il remet notre âme dans son état initial, c’est à dire, nous pouvons de nouveau nous voir comme des êtres  « créés à l’image de Dieu ».

Pour combattre les angoisses en face de la maladie, en face de la réalité de notre finitude, pour repousser l’ennemi qui envahit notre existence avec ses armées de peur et d’inquiétude, pour finalement rétablir en nous et autour de nous ce qu’est l’humain selon Dieu, il « restaure mon âme ». Loin de la simple « restauration » culinaire, David dessine ici une image plus complète de ce que Dieu fait en nous et pour nous.

Cette « restauration complète » ne concerne pas seulement le boire et le manger, pas seulement l’humain dans sa complexité d’âme, mais bien au-delà encore, le psalmiste constate la nécessite  d’une justice qu’il ne peut lier qu’à Dieu.

Des moutons sur un sentier escarpé
@R. Cabane

Pas une justice humaine, justice certes indispensable à la vie de la société, mais une justice qui se nourrit auprès de Dieu nous y est proposée.

Dans notre Psaume, les sentiers de la justice sont énumérés au même titre que les besoins essentiels et vitaux – manger, boire, prendre soin de l’âme.

Ce qui est appliqué dans le verset deux au corps – à savoir « manger et boire », se trouve en parallèle aujourd’hui au verset trois comme « soins de l’âme et justice ».

Comme la vie n’est pas possible sans eau, elle ne serait pas imaginable sans justice et les injustices vécues dans notre monde mettent en danger la vie de tous.

Du coup, suivre le bon berger est toujours aussi un acte pour l’autre. Jamais le chrétien ne pourra se suffir qu’à lui-même. Jamais le croyant ne pourra chanter le verset deux de ce Psaume sans s’engager avec le verset trois « sur des chemins de la justice ».

Nous prenons ces chemins de la justice non pas par peur ou crainte d’un divin juge, mais « à cause de son nom ».

Mais quel nom donnons-nous à Dieu, sinon celui de Père créateur de tout ce qui existe, celui de bon berger qui aime et donne sa vie pour ses brebis, celui de source de tout amour et nous envoie pour répandre son nom dans le monde.

Un jeune du Centre Hospitalier Universitaire de Borromée Montréal (Canada) nous lance cet appel :

Dis-leur

ce que le vent dit aux rochers
ce que la mer dit aux falaises

Dis-leur

qu’une immense bonté nous fait respirer plus à l’aise

Dis-leur

que Dieu n’est pas ce qu’on en croit ni ce qu’on en dit … bien souvent

Il est comme un pain de froment 
Il est un vin qu’ensemble on boit 
Il est un festin partagé

chacun donne et chacun reçoit
et – de ce fait – tout est changé

Dis-leur

sa voix seule peut m’enseigner mon nom
et sa Parole seule nous révéler Son nom

Parole d’honneur …
secret bonheur

eh bien oui ! Dis-le leur

Mais dis-leur aussi

qu’il n’est pas seulement ceci
seulement ce que tu peux en dire

Dis-leur

que tout bien réfléchi
tu ne sais jusqu’à aujourd’hui
vraiment pas encore tout de lui

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