Billet de Robert Cabane, Président du Conseil presbytéral de l’Église Protestante Unie de Bordeaux

Très chers frères et sœurs,

Chère Église de Bordeaux,

Impatiens « noli me tangere » @ wikimedia
Impatiens « noli me tangere » @wikimedia

Je m’adresse à vous au moment où le confinement va se relâcher, pour faire le point sur la période singulière que nous venons de vivre ainsi que dans un souci d’exhortation pour les temps à venir.

Avant toute autre parole, je souhaite remercier chaleureusement celles et ceux qui ont eu à cœur de maintenir en vie notre Église, à l’instar des réanimateurs qui s’affairent autour du corps du malade dont la vie est en danger. Ainsi, les multiples « appelants » qui ont maintenu le lien au sein de nos communautés grâce au bon vieux téléphone, tout comme la trentaine de contributeurs de notre site Internet (photos, prières, méditations, musiques, gestion, agencements etc.) grâce auxquels notre Église donne à voir sa créativité au quotidien et poursuit sa mission de l’annonce de l’Évangile. Sans oublier les nombreux donateurs qui ont maintenu, et pour certains augmenté, leurs contributions à notre Église (en dépit de l’interruption de ses activités visibles), sachant à quel point nos finances sont fragiles.

Que de dévouements, de générosités ! Cela fait chaud au cœur.

Dès aujourd’hui, nous allons davantage sortir, faire des courses, aller voir nos proches, etc. Se pose dès lors la question de la reprise des diverses activités : lesquelles, quand, comment ?

Avec les membres du CP et du Bureau nous avons beaucoup réfléchi à ces questions, interrogé autour de nous, et nous nous sommes informés afin de ne pas nous engager dans une démarche solitaire.

Impatiens de l'Himalaya : une plante rudement invasive @ wikimedia
Impatiens de l’Himalaya : une plante rudement invasive
@ wikimedia

 

Compte tenu des contraintes fortes qui s’imposent dès maintenant (masques, gel hydroalcoolique, distances accrues, fléchage des circulations, etc.), tout rassemblement devient un défi. La sagesse suggère que nous ne pouvons pas nous permettre de participer (par négligence) à la contamination de notre prochain, situation qui nous serait certainement reprochée. C’est pourquoi nous avons estimé préférable d’attendre la prochaine réunion du CP, le 26 mai, pour délibérer avec discernement.

Ce ne sont pas seulement les réunions diverses qui sont suspendues, mais aussi, hélas, les cultes. Nous espérons tous avoir dès que possible l’occasion de nous retrouver, physiquement, en présence les uns des autres, pour des cultes joyeux et fraternels plutôt que des simulacres de cérémonies prétendument religieuses et dont le rituel serait finalement défini par l’autorité civile.

Cette impatience que nous ressentons n’est pas si nouvelle. L’apôtre Paul n’écrivait-il pas

« Voici donc, frères, ce que je vous déclare : le temps est court ! Que désormais ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’en avaient point ; ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas ; ceux qui sont dans la joie, comme s’ils n’étaient pas dans la joie ; ceux qui achètent, comme s’ils ne possédaient pas ; et ceux qui usent de ce monde, comme s’ils n’en usaient point, car la figure de ce monde passe. » (I Cor 7:29-31) ?

Tout ce que Dieu fait est bon en son temps. Il a même mis dans le cœur de l'homme la pensée de l'éternité … (Eccl. 3:11) @ wikimedia
Tout ce que Dieu fait est bon en son temps. Il a même mis dans le cœur de l’homme la pensée de l’éternité … (Eccl. 3:11)
@ wikimedia

L’impatience serait-elle pour autant une attitude « invasive » (comme les fleurs illustrant ce billet), soumettant toutes décisions à son discours ? Sachons donc y résister, comme notre Église qui su faire face à l’épreuve du temps, en nous appuyant sur ses deux jambes : la Bible et la prière bien sûr. Nous sommes impatients de rencontrer le Christ, et nous nous y préparons, mais nous savons aussi que cela peut tarder.

Je terminerai avec une anecdote pour vous faire sourire un peu. Après avoir souhaité une bonne année (« Shana tova ») à un ami juif, je lui disais que lorsqu’on en est à plus de 5700 ans dans son calendrier (5781 en septembre prochain) on a le temps devant soi. Et mon ami de répondre : « Pas du tout ! Le Messie peut venir demain. »

Soyez forts, soyez joyeux. Bénissons le Seigneur pour les heures qui nous sont accordées.

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