Prédication

du 27 septembre 2020  par Morgane Montenegro au temple de la Rue de Tresses
Texte biblique: Matth 21,28-32

Face au Seigneur, nous pouvons nous présenter tel que nous sommes, avec nos faiblesses, nos peurs, nos péchés et nos errances.

Grâce à la foi, à la confiance et à l’espérance nous pouvons prendre un autre chemin et nous repentir.

Le Psaume 25 vient d’ailleurs appuyer cette idée de repentir, au verset 7 : « Ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse ni de mes révoltes ». Au verset 8, nous pouvons également lire : « Le Seigneur est bon et droit : c’est pourquoi il montre aux pécheurs le chemin ».

Le passage d’Ezéchiel, au verset 27 et 28, revient aussi sur cette notion de repentir. Je cite : « Si un méchant revient de la méchanceté avec laquelle il a agi, pour agir selon l’équité et la justice, il sauvegardera sa vie. S’il ouvre les yeux et revient de toutes les transgressions qu’il a commises, il vivra, il ne mourra pas ».

Ce « méchant » repenti dans le passage d’Ezéchiel renvoie également à l’attitude du 1er fils dans l’Evangile de Matthieu. Ce dernier, après avoir refusé d’aller travailler, est pris de remord.

Cependant, il me semble que cette parabole va bien au-delà de la notion de repentir personnel car elle nous montre un Dieu miséricordieux s’adressant de la même manière aux deux fils, sans faire de différence et prenant en compte la complexité de l’être humain. Cette parabole est une énigme et Dieu ne semble pas donner de réponse toute faite. Il n’adopte pas non plus une attitude moralisatrice face à l’un ou l’autre fils. Ils se contente de poser la question : « Lequel des deux fils a fait la volonté du père : celui qui refuse d’aller travailler dans la vigne et se repend ou celui qui accepte et ne tient pas ses engagements ? » En réalité, Dieu accepte la complexité des deux attitudes avec bienveillance et tendresse.

Nous lisons au verset 28 : « Mon enfant, va travailler dans la vigne aujourd’hui ». A travers l’impératif du verbe aller, Dieu nous invite à contribuer à la construction de ce monde. Il est de notre responsabilité de répondre ou non à son appel. Cependant, quelque soit notre réponse, soulignons que Dieu demeure éternellement bienveillant à notre égard. Il nous prend sous son aile, nous protège tel un père envers ses enfants. Dans cette perspective, l’adjectif possessif « mon » souligne un lien individuel, profond et intime de Dieu avec chacun d’entre nous. Le mot « enfant » révèle l’infini tendresse et la protection de Dieu. 

Mais Dieu, sous son regard protecteur, voit aussi notre immaturité car l’ « enfant » est un être en devenir. L’être humain, tel l’enfant cité dans ce passage, est donc un être en perpétuel croissance spirituelle. Il se doit de travailler la vigne, c’est à dire, qu’il a la responsabilité de faire fructifier les fruits qu’il a semés en contribuant à la construction de ce monde, à son développement, à son changement.

Le message de cette parabole des deux fils fait encore écho en nous aujourd’hui. Nous pouvons être tantôt le 1er fils, tantôt le 2ème. Nous pouvons être réfractaire, refuser Dieu dans notre vie, puis prendre de la distance et nous repentir en prenant le chemin que nous offre le Christ et en essayant, comme je l’ai dit précédemment, de contribuer à la construction d’un monde meilleur. Nous pouvons également accepter Dieu dans nos vies puis ensuite le rejeter et nous en éloigner.

En tant qu’être humain, nous sommes souvent immatures, inconstants et instables dans notre foi. Mais Dieu, dans son extrême bienveillance, nous accepte tel que nous sommes. Au-delà de notre propre volonté humaine, la grâce de Dieu nous sauve et nous permet de prendre un nouveau chemin et de nous repentir.  Dieu se trouve bien au-delà des contingences humaines et sa grâce ouvre le chemin. Il pardonne aux pécheurs tels (au verset 31), les « collecteurs des taxes et (les) prostituées » car ils sont déjà en route avec le Christ et seront les premiers dans son royaume.

Amen

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