Visuel du flyer annonçant la conférence sur la violence conjugaleDans le cadre de la semaine des droits des femmes, en collaboration avec la Mairie de Bordeaux, le pôle Fédération Protestante de France (FPF) de Bordeaux a invité le 10 mars 2020 à une conférence sur la violence conjugale animée par

Valérie Duval-Poujol

théologienne baptiste, vice-présidente de la Fédération Protestante de France, auteure et formatrice dans le domaine des violences faites aux femmes.

Elle est à l’origine de l’initiative « Une place pour elles » qui a pour objectif de sensibiliser au fléau de la violence conjugale en réservant à ses victimes une place bien visible. Renseignements complémentaires

La violence conjugale

Regards protestants et perspectives bibliques

Extraits de la conférence

Bonsoir,

Avant tout permettez-moi de vous dire ma joie et ma reconnaissance à la Mairie de Bordeaux, au pôle bordelais de la FPF, Fédération Protestante de France, à l’Eglise Protestante Unie qui nous accueille, vous tous qui venez de différentes églises protestantes de Bordeaux et peut-être aussi plus largement. Vous êtes tous là ce soir. Mon intervention se déroulera en trois temps puis il restera aussi un temps pour les questions-réponses à la fin.

La violence conjugale touche tous les milieux y compris les églises protestantes. Dans un 2ème temps, nous verrons ce que font les protestants dans ce domaine pour lutter contre ce fléau et  enfin les violences conjugales dans la Bible. Vous avez vu ces magnifiques Bibles, un peu partout ici, donc on va aussi voir le regard biblique sur ce sujet.

Un fauteuil couvert d'une couverture rouge sur lequel est posé une affiche disant : une place pour ellesMais, avant de commencer et comme nous voulons que cette soirée soit centrée sur les victimes, je voudrais vous parler de cette chaise, cette place d’honneur. Nous avons une invitée particulière. Nous avons voulu lui donner une place spéciale, une place pour elle. Cette chaise représente cette femme qui aurait dû être avec nous ce soir mais elle n’est pas là, car elle est morte sous les coups de son partenaire. Les victimes vivent parmi nous, ce sont nos collègues, nos familles, nos amis.

Alors avec cette initiative de sensibilisation appelée « Une place pour elles » , il s’agit de rendre visibles les victimes trop souvent oubliées, par un geste fort, un symbole. Ce geste aide chacun, chacune, à se mobiliser pour que ce mal ne se produise plus. Une place pour elle(e).

En ce début de soirée, pour ouvrir nos esprits à ce drame de la violence conjugale, je vous propose d’écouter un chœur parlé écrit par une pasteure réformée.

J'ai reçu des fleurs...

Une voix de femme (le texte principal)
Deux ou trois voix commentent (le texte en italiques)

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui. Ce n’était pas mon anniversaire ni un autre jour spécial. Nous avons eu notre première dispute hier dans la nuit et il m’a dit beaucoup de choses cruelles qui m’ont vraiment blessée. Je sais qu’il est désolé et qu’il n’a pas voulu dire les choses qu’il a dites parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

– Il faut le comprendre : la pression au travail, la colère à cause de ses problèmes ou peut être était-il tout simplement ivre !

– Et puis, elle n’est pas facile non plus ….

– Certainement qu’elle l’a provoqué quelque part !

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui. Ce n’était pas notre anniversaire ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m’a poussée contre un mur et a commencé à m’étrangler. Ça ressemblait à un cauchemar, je ne pouvais croire que c’était réel. Je me suis réveillée ce matin le corps douloureux et meurtri. Je sais qu’il doit être désolé parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

– Je pense qu’elle exagère !

– Le couple idéal n’existe pas mais pour les enfants c’est toujours mieux de rester ensemble…

– L’amour sera toujours plus fort pour surmonter les problèmes !

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui et ce n’était pas la fête des mères ni un autre jour spécial. Hier, dans la nuit, il m’a de nouveau battue, c’était beaucoup plus violent que les autres fois. Si je le quitte, que deviendrais-je ? Comment prendre soin de mes enfants ? Et les problèmes financiers ? J’ai peur de lui mais je suis effrayée de partir. Mais je sais qu’il doit être désolé parce qu’il m’a envoyé des fleurs aujourd’hui.

– Si elle ne le quitte pas, elle n’est pas vraiment victime…

– La vie du couple c’est pour le meilleur et pour le pire, tout couple rencontre des crises !

– De quoi on se mêle ?

– Heureusement qu’on n’a pas de cela en Eglise !

– Il s’est repenti … alors faut lui donner une deuxième chance !

– Jésus n’a-t-il pas dit qu’il faut pardonner de multiples fois ?

J’ai reçu des fleurs aujourd’hui. Aujourd’hui c’était un jour très spécial, c’était le jour de mes funérailles. Hier dans la nuit, il m’a finalement tuée. Il m’a battue à mort.

Si seulement j’avais trouvé assez de courage pour le quitter, je n’aurais pas reçu de fleurs aujourd’hui………..

– On ne savait pas !

– On ne s’imaginait pas !

– Mais qui aurait pensé…

Suite de la conférence de Valérie Duval-Poujol

Merci à chacun et chacune de nous avoir permis de mettre les victimes au centre. Nous n’avons donc pas un sujet de réflexion abstrait, mais nous avons les victimes à cœur dans cette conférence. D’abord, la violence conjugale existe dans tous les milieux et donc aussi dans les milieux protestants.

Visuel MP3

Si vous souhaitez recevoir l’enregistrement audio mp3, merci d’en faire la demande par email (egliseprotestanteuniebordeaux chez gmail.com). Nous vous ferons alors parvenir dans les meilleurs délais un lien vous permettant de télécharger le fichier audio mp3.

A l’issue de la conférence, UNE MINUTE DE SILENCE a été observée EN MÉMOIRE DES VICTIMES.

Bibliographie

Propositions d’ouvrages sur le même thème :

Une place pour elles

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