Quel titre donner à cette première page qui ouvre le volet des méditations que je vous propose de recevoir chaque semaine durant cette période de confinement ?

Et de choisir celui que nous ressentons sans doute tous à cet instant: il est midi, nous sommes le 17 mars et tout est suspendu! 

A peine le bruit de quelques voitures, de ceux qui partent peut-être rejoindre in-extrémiste leur maison, leur famille en dehors de Bordeaux. « Plus un chat dans les rues » selon l’expression courante, plus de voix d’enfants, plus le bruit familier du tram, silence! 

Je suis passée au temple ce matin, un grand vide sans la présence des membres de l’église et des associations. L’accueil de la Cimade est fermé depuis vendredi 13 mars. 

Un manteau abandonné sur une chaise, un livre ouvert sur une table, le temps suspendu
Un baptême, une Bible, un sac : 《nous ne sommes que de passage》, baptême de Kacem au temple du Hâ sur le chemin du 《Refuge

 

Oui, le temps est comme suspendu, depuis l’appel devenu un devoir citoyen de « restez chez vous », lancé pour la première fois par les infirmières pour nous aider à prendre conscience de ce qui était en train de se passer. 

Sans doute que nous vivons une expérience unique, singulière et collective, ou le groupe, la société, « l’être social » devient ce corps commun, à la fois absent en dehors et présent derrière les murs de nos maisons. Pas de rébellion, juste le principe de vie et de survie dont nous dépendons les uns envers les autres. Une conscience collective, responsable, un enjeu de société qui va se poursuivre durant quinze jours et sans doute un peu plus, une expérience commune aux frontières de l’Europe, aux dimensions du monde. 

Le Temps est comme suspendu, certes, mais pas sans rien entre les mains! Si toute la vie de l’église est à l’arrêt , demeurent le lien indéfectible des priants, de l’église invisible, des pages de notre Bible en lecture continue, de l’appel téléphonique pour les plus isolés, des solidarités à imaginer et à mettre en place ensemble, le soutien entre Églises. 

Je pense alors à ce qui se joue aujourd’hui au sein des hôpitaux, derrière les murs , une grande crainte, des pleurs, de l’espérance et de l’attente et de prier ensemble pour les malades, leur famille et pour le corps médical et tous ceux qui sont en première ligne pour lutter contre l’épidémie du coronavirus. 

Il est midi trente, nous sommes le 17 mars, troisième semaine du carême

« je tourne les yeux vers le Seigneur », Psaume 123.

De se dire les uns aux autres « prenez soin de vous ». 

Pasteure Valerie Mali 

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