Dans les jours à venir, le pasteur Andreas Braun vous invite à lire le Psaume 23, verset par verset, à méditer les mots, à vous mettre dans la peau de David et – qui sait – à apprendre par cœur ce Psaume qui accompagne les croyants depuis 3000 ans.

Psaume 23, verset 1

Cantique de David.

L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.

Des moutons en pâturage dans les alpes
Moutons en pâturage @R.Cabane

Prenons le temps pour chanter, comme David. Son chant, le Psaume 23, est peut-être dans vos oreilles, peut-être vous l’avez appris par cœur – sinon il est toujours temps pour le faire. Il est court et il parle de la vie et de la mort, de l’angoisse et de la fidélité du bon berger.

Son chant exprime aussi bien les hauts et les bas de la vie et beaucoup des 150 Psaumes de la Bible sont attribués à David.

Déjà pour apaiser le roi Saul, David chantait et jouait de la harpe. Ses chants peuvent encore aujourd’hui apaiser nos cœurs, exprimer nos craintes et nous ouvrir pour accueillir Dieu.

David, le roi, David le petit berger – nous ne savons pas, quand il aurait pu écrire ce Psaume,

  • quand il était encore jeune, voire petit et gardait les troupeaux de son père ou quand il était devenu roi d’Israël,
  • quand il affrontait Goliath sachant que le Seigneur est son bon berger ou quand il faisait face à son péché qui a coûté la vie à Uri, soldat dont il a pris la femme,
  • quand il chantait étant jeune homme, pour le rois Saul, ou quand il dansait « comme un fou » lors de la dédicace du Temple, maison de Dieu,

De toute façon en disant que l’Éternel est son berger, il se montre humble.

La brebis, le mouton, l’agneau est entièrement dépendant du bon berger, de celui qui assure simplement tout pour lui.

Le pasteur Andreas Braun au temple de Talence
Pasteur Andreas Braun @EpudB

 

Est-ce que nous voudrions bien être un mouton ?

Ces dernières semaines nous avons souvent entendu le contraire – nous, les Français, nous ne sommes pas de moutons, clamait la foule. . .

David, le roi, David le petit berger s’identifie avec un mouton, non pas parce qu’il voudrait s’abaisser devant Dieu, non pas non plus parce qu’il n’aurait pas assez d’estime de soi, mais seulement parce qu’il regarde le berger.

Le bon berger donne sa vie pour ses brebis (Jean 10,11) – ah oui, dans ces conditions je voudrais bien être une brebis, un mouton de ce berger.

D’avoir quelqu’un de son côté qui est prêt à donner simplement tout – toute sa vie – pour moi, cela permet d’avancer dans la vie avec confiance. La confiance se vit dans des situations où je ne peux plus m’appuyer sur mes forces, mais où j’avance dans l’obscurité, voire dans la sombre vallée de la mort.

Même dans ces situations sombres, nous dit David, le Seigneur est mon berger, est celui qui donne, qui me donne tout ce qu’il me faut pour mettre un pied devant l’autre.

Il me donne ce qu’il me faut, ainsi je ne manquerai de rien.

Apprenez ce Psaume par cœur – vous allez entendre dans votre for intérieur que l’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.

Et voici ce que Dietrich Bonhoeffer a écrit sur :

L’OPTIMISME

il est plus « intelligent » d’être pessimiste, car on évite les déceptions et on ne se compromet pas devant les hommes.

Ainsi l’optimisme est interdit aux « intelligents ».

Dans son essence, il n’est pas une manière de voir la situation présente, mais il est une force vitale, une force de l’espoir ;

là où d’autres se résignent, il a la force de garder la tête haute

lorsque tout semble échouer, de supporter les revers,

de ne pas abandonner l’avenir à l’adversaire, mais de le revendiquer pour soi.

Il y a un autre optimisme, sot et lâche, qui doit être évité.

Mais que personne ne méprise l’optimisme en tant que volonté d’avenir, même s’il se trompe cent fois ; Il est la santé vitale qu’il faut préserver de toute contagion.

Certains pensent qu’il n’est pas sérieux, et d’autres qu’il n’est pas chrétien, d’espérer un avenir terrestre meilleur et de s’y préparer. Ils voient dans le chaos, le désordre et la catastrophe le sens des événements actuels.  Ils échappent,  – dans la résignation ou dans une fuite pieuse hors du monde,  – à la responsabilité de construire la vie future pour les générations à venir.

Si le jugement dernier est pour demain, nous cesserons le travail pour un avenir meilleur, mais pas avant.

Dietrich Bonhoeffer (4 février 1906 – 9 avril 1945)

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