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Ce texte de l’Évangile de Marc nous est proposé pour ce matin. J’avoue que j’ai un peu hésité avant de le retenir pour cette prédication, car il me semblait que ce débat entre Jésus et les Pharisiens ne nous concernait plus tellement, ce genre de discussion sur les prescriptions alimentaires, les aliments purs ou impurs, tout cela ne nous touche pas vraiment. Ici, Jésus remet les Pharisiens à leur place en leur montrant qu’ils se sont eux-mêmes enchaînés à un système accablant, c’est bien, mais nous, qu’allons-nous faire de tout cela ?

Mais si on réfléchit un peu plus, on peut aussi se dire que les premiers lecteurs de l’Évangile de Marc, dans le dernier quart du premier siècle, n’étaient sans doute pas beaucoup plus directement concernés que nous. Toutes ces coutumes juives ne leur étaient probablement pas beaucoup plus familières qu’à nous, puisqu’on voit bien que Marc est obligé de tout expliquer. Et pourtant, il n’a pas supprimé cet épisode dans son livre, c’est donc qu’il y a une signification différente, pas seulement historique ou anecdotique. De quoi s’agit-il ?

 Comme d’habitude, les Pharisiens cherchent à prendre Jésus en défaut. Ici, ils vont peut-être un peu trop loin en reprochant aux disciples de ne pas observer les ablutions rituelles alors qu’elles n’étaient en fait obligatoires que pour les prêtres, mais la coutume voulait en effet que les disciples d’un rabbi s’y conforment plus ou moins. L’idée, c’est d’éviter d’être souillé par des choses impures.
Nous y voilà : pur/impur… un couple de mots logique, mais est-ce que ça fonctionne encore pour nous aujourd’hui ? Propre/sale, oui. Stérilisé/souillé, d’accord. Pollué/non pollué ; bio/pas bio, c’est à la mode. Tout ça, on comprend. Mais pur/impur ? Comment percevons-nous cet effort de la tradition et
de la pratique pharisienne visant à munir les gens pieux d’une espèce de préservatif moral contre une souillure religieuse ambiante. Pour nous, ce n’est peut-être pas très actuel, en effet, mais ça n’a pas disparu de notre monde. Les intégrismes religieux fonctionnent encore à ce carburant-là, certaines sectes aussi. Qui pourrait affirmer que, nous-mêmes, quelque part dans un coin de notre tête, nous n’aurions pas inconsciemment un petit classement dans tel ou tel domaine ? Donc, il se pourrait que ce débat entre Jésus et les Pharisiens ne soit pas absolument démodé.

 lire la suite de la prédication de Roland Revet

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