Culte du 23 août 2020 au temple de la Rive-droite, présidé par Marianne Authier

Lecture biblique: Marc 7, 1 à 15.

Etre pur ou impur, telle est la question.

Les pharisiens et docteurs de la loi étaient les gardiens et les surveillants pour l’accomplissement de la loi par chacun. Il fallait se soumettre à cette loi qui contenait 613 commandements, 248 positifs et 365 négatifs.

Les pharisiens étaient convaincus que leurs traditions émanaient d’une application correcte de la loi venant de Moïse.

Ils se situaient, d’un point de vue éthique plus haut que la plupart des autres.

Ce sont donc des gens instruits, ayant de nombreuses connaissances, imbattables sur la connaissance de toutes les lois et leurs applications.

Ce sont des gens peut-être imbus d’eux-mêmes, sur d’eux, orgueil ? vanité ? Comment ne pas l’être quand on a le pouvoir d’assujettir toute une population avec toutes ces lois. Il y avait par exemple 39 catégories d’activité interdites le jour du sabbat.

Les pharisiens ont le pouvoir sur toute une population et n’imaginent pas un seul instant qu’on leur tienne tête, ou que l’on conteste leur pouvoir, leurs idées, leur savoir.

Cependant ce n’est pas Jésus qui vient vers eux mais c’est eux, les pharisiens qui se rassemblent autour de Jésus.

J’aurais plutôt vu l’inverse. En général ce sont les gens qui ont le pouvoir, la force et l’autorité qui nous convoquent et nous somment de nous expliquer, de nous justifier – mais dans ce texte, dès le début, le rapport de force est inversé : les pharisiens viennent à lui et l’entourent.

Qu’est-ce qui les inquiète tellement pour qu’ils fassent le déplacement ?

La suite est encore plus drôle, ils ne demandent pas à Jésus : Qui es-tu ? D’où vient ta capacité à accomplir de tels miracles ? Car ils savent déjà tout ce que Jésus a accompli. Sans les réseaux sociaux, ils sont au courant : les aveugles voient, les paralysés marchent, Jésus marche sur l’eau et calme une tempête etc…

On pourrait s’attendre à ce qu’ils posent la question essentielle : mais enfin qui est tu ? Un prophète ? Le messie ? L’envoyé de Dieu sur terre ? Celui qu’on attend ?

Ce n’est pas la question qui est posée. N’oublions pas que quelques pages plus haut, Jésus vient de rendre la vie à une petite fille…ce n’est pas rien quand même ?! Ça n’a pas l’air de les inquiéter plus que ça, ces docteurs de la loi instigateurs de la pureté.

La question est la suivante : »Tes disciples mangent avec des mains impures, pourquoi donc ? »

Mais enfin, fallait-il être bête pour poser une question pareille ! Ou plutôt tellement imbu de leur savoir, de leur puissance intellectuelle, et de l’assurance d’être du bon côté de la loi, d’être tellement purs que Dieu ne pourra pas les rater et saura les apprécier à leur juste valeur !

Comme d’habitude, la réponse de Jésus est cinglante.

Jésus ne répond pas à la question, il n’essaie pas de justifier quoique ce soit sur le lavage des mains.

Il cite un texte d’Esaïe. Il les renvoie à la connaissance des textes de l’ancien testament.

Jésus dit « on lit en effet ». Jésus les met en garde, n’essayez pas de me prendre en défaut sur la connaissance des textes anciens.

Mais finalement le couperet tombe, le jugement est dur : « vous êtes des hommes faux » et plus loin « vous vous servez de votre tradition pour supprimer la parole de Dieu ».

Le texte ne dit pas quelle a été la réaction des pharisiens mais j’imagine bien leurs têtes de grands penseurs offensés !

Rien n’est dit sur la suite de la discussion. Les pharisiens ont-ils répliqué ? Ont-ils poussé de hauts cris ? Nous n’en savons rien.

Jésus les a confrontés à ce qu’ils sont réellement et n’a pas mâché ses mots.

Il semble que Jésus se soit détourné des pharisiens et ait appelé la foule, le plus important étant d’enseigner des gens simples qui n’osent certainement pas dire grand-chose quant aux interdits alimentaires et autres de la loi.

Le message est clair : la pureté ne vient pas de ce que nous mangeons, de la façon dont nous nous habillons, de la façon dont nous lavons la vaisselle, de la façon dont nous nous protégeons de tous ceux qui ne sont pas de notre nationalité, de notre race.

Rien de tout cela ne compte aux yeux de Dieu nous dit Jésus.

Jésus affirme « c’est ce qui sort de votre cœur qui rend impur ».

Je me dis mais pourquoi ce qui sort de notre cœur et pas ce qui rentre dans notre cœur.

Après tout, je pourrai dire : je n’ai pas de mauvaises intentions mais quand je vois ce que font les autres ou ce que disent les autres de mal, cela me rend mauvais à mon tour. En un mot : ce n’est pas moi, c’est les autres qui me rendent impur !

Mais Jésus nous confronte à nous-même.

C’est nous qui sommes impurs, c’est de notre cœur que vient, tout naturellement le mal ! On vole, on tue, on trompe, on est jaloux, on veut toujours plus, orgueil, vanité à tout va !

Pourtant la grâce est là « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ».

Le pardon, la grâce, l’amour, Dieu nous les donne chaque jour pour peu que nous descendions de notre piédestal.

Il est là, près de nous, il nous invite à croire en lui et en son fils, il nous invite à plus de sagesse, de modestie, d’humilité. C’est une invitation dans l’amour et non une contrainte imposée par une loi trop humaine.

C’est un acte d’amour gratuit, désintéressée, absolu. Dieu nous connait, tel que nous sommes avec toutes nos imperfections, mais il nous aime. Quand on se sait aimé à ce point, que nous importe le pur ou ‘impur de notre alimentation, de nos vêtements. C’est à l’intérieur de nous-même qu’il nous faut regarder en espérant que Dieu nous délivre du mal.

Amen

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