Prédication de Mustapha Aliouat, prédicateur laïc, apportée le dimanche 5 juillet 2020 à l’Eglise Protestante Unie de Talence.

Lectures bibliques

Jonas 2 : 1-11

Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel, son Dieu.

Il dit: Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, Et il m’a exaucé; Du sein du séjour des morts j’ai crié, Et tu as entendu ma voix.

Tu m’as jeté dans l’abîme, dans le cœur de la mer, Et les courants d’eau m’ont environné; Toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi.

Je disais: Je suis chassé loin de ton regard! Mais je verrai encore ton saint temple.

Les eaux m’ont couvert jusqu’à m’ôter la vie, L’abîme m’a enveloppé, les roseaux ont entouré ma tête.

Je suis descendu jusqu’aux racines des montagnes, Les barres de la terre m’enfermaient pour toujours; Mais tu m’as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu!

Quand mon âme était abattue au dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, et ma prière est parvenue jusqu’à toi, dans ton saint temple.

Ceux qui s’attachent à de vaines idoles éloignent d’eux la miséricorde.

Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, j’accomplirai les vœux que j’ai faits : le salut vient de l’Éternel.

L’Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas sur la terre.

Tableau de Pieter Lastman - Jonas et la Baleine @Wikipedia.org
Tableau de Pieter Lastman - Jonas et la Baleine @Wikipedia.org

Ésaïe 38 : 15-18

Que dirai-je? Il m’a répondu, et il m’a exaucé. Je marcherai humblement jusqu’au terme de mes années, après avoir été ainsi affligé.

Seigneur, c’est par tes bontés qu’on jouit de la vie, C’est par elles que je respire encore; Tu me rétablis, tu me rends à la vie.

Voici, mes souffrances mêmes sont devenues mon salut ; tu as pris plaisir à retirer mon âme de la fosse du néant, car tu as jeté derrière toi tous mes péchés.

Ce n’est pas le séjour des morts qui te loue, ce n’est pas la mort qui te célèbre ; ceux qui sont descendus dans la fosse n’espèrent plus en ta fidélité.

Nous vivons notre déconfinement comme une résurrection.
Même si le Covid-19 est encore là, nous respirons enfin à plein poumons !

Durant ces 3 derniers mois, le Covid-19 a ébranlé le monde, nos sociétés et nous-mêmes.
Pendant cette longue période, beaucoup d’entre nous avons été habités, par ces questions :

  • Où était Dieu ?
  • qui était avec qui ?
  • Dans le ventre de notre monstre virologique,
    Dieu était-il avec nous ?
  • ou est-ce nous, qui étions avec Dieu ?

Autres questions :

  • Le Covid-19 était-il un avertissement, ou un jugement ?
  • Pourquoi Dieu permettait-il un tel fléau ?
  • Pourquoi le « Dieu est Amour » de St Jean permit-il cette épreuve mondiale ?

Face à tant de drames et de questions, chacun d’entre nous a été saisi par le doute. 

Beaucoup de nos certitudes ont été ébranlées :

  • la puissance technoscientifique :
    elle nous a permis, depuis plus d’un siècle d’éliminer bien des maladies, d’atténuer des handicaps et même de faire reculer la mort !
    Nous avons fini par croire que la médecine moderne pouvait tout !
  • La puissance économique :
    grâce à celle-ci nous vivions dans l’illusion qu’avec l’argent nous pouvions tout acheter, tout posséder, même le bonheur !
  • La puissance de la foi :
    par la prière, un certain nombre de croyants s’imaginait devenir invulnérable spirituellement et physiquement.

Dans le monde d’hier, nous naviguions sur nos « bateaux », sûrs de nous-mêmes, de notre avenir, pleins de certitudes. Nous pensions tel que Jonas, être à l’abri des tempêtes de la vie.

Mais c’est bien connu, les tempêtes sont toujours soudaines et imprévisibles.
Il a suffi d’un virus pour nous faire basculer du statut de maître de notre destin, à celui de prisonnier de nos instants. Frappés d’impuissance, nous vîmes notre liberté s’envoler comme un oiseau !

Nous voilà donc comme Jonas, prisonnier dans le ventre d’un monstre marin, plongés dans l’obscurité, sans pouvoir nous appuyer sur aucune certitude. Ballotés par des sentiments et des pensées contradictoires, tantôt positives, tantôt négatives, le silence de Dieu habitait notre confinement.
Absent, présent. Présent, absent. Dieu lointain, Dieu tout proche.

Jonas vécut aussi ce conflit, au fond de « sa fosse ». Il ne sentait pas Dieu. Pas le moindre indice de sa présence. Et pourtant, dans cette obscure solitude, il pria le Dieu Très haut. Même dans cette situation dramatique et humainement désespérée, il crut encore au Dieu tout puissant, au Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Croire, même quand tout est obscure et incertain.
Espérer, même perdu à mille milles nautiques, de tout secours, quel exemple de foi, ce Jonas !

Les eaux m’ont couvert jusqu’à m’ôter la vie, L’abîme m’a enveloppé, Les roseaux ont entouré ma tête.

Je suis descendu jusqu’aux racines des montagnes, les barres de la terre m’enfermaient pour toujours ; mais tu m’as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu!
Quand mon âme était abattue au dedans de moi, je me suis souvenu de l’Éternel, et ma prière est parvenue jusqu’à toi, Dans ton saint temple.
Ceux qui s’attachent à de vaines idoles éloignent d’eux la miséricorde.
Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, j’accomplirai les vœux que j’ai faits : le salut vient de l’Éternel.
Jonas 2 : 6-9

Ce texte nous enseigne qu’au plus profond de la fosse, de l’épreuve, Dieu voit, Dieu entend.

Le déconfinement sonna pour nous comme une délivrance. Nous sommes enfin sortis de notre confinement, tel Jonas vomi par le monstre marin, sur une plage méditerranéenne.

Vivants et abasourdis, Dieu soit loué !

Comme notre prophète récalcitrant, nous avions été éblouis à nouveau, par le « frère soleil », (St Françoise d’Assise) et la clarté du ciel avec ses nuages sautant comme des moutons.  Celui-ci redécouvrit le bleu du ciel de son pays, ses collines ocres et le chant des mouettes. Qu’elle est belle la vie, devait-il penser ! 

La lumière n’existe que pour celui qui voit. Alors regardons les beautés du monde.
Le son n’existe que pour celui qui entend. Alors écoutons la vie qui chante et murmure.

Dans notre confinement nous avons oublié que la beauté de la vie illumine toujours le monde.

« Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, j’accomplirai les vœux que j’ai faits : le salut vient de l’Éternel. » Jonas 2 : 10-11

 

Alors, que faire maintenant de cette bénédiction ?

Avec la liberté retrouvée, nous nous sommes mis à imaginer le monde de demain. Car nous savons désormais, que nous ne pouvons plus vivre comme avant.

Certains parlent de changer le monde. Ils appellent de leurs vœux une société plus solidaire, plus fraternelle, plus humaine. Une humanité réconciliée avec elle-même et la Nature.

Un monde où enfin le loup et l’agneau paitront ensemble

Le loup habitera avec l’agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu’on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira.
Ésaïe 11 : 6.

Le Covid-19 sera-t-il notre chance pour repartir à zéro ? Accouchera-t-il d’une résurrection ?
Même si hélas le Covid-19 est toujours là, sommes-nous conscients que notre délivrance est une bénédiction ?

Nous pouvons vivre mille délivrances, mille miracles. Nous pouvons vivre mille ans, comme nous le promettent les transhumanistes, (Laurent Alexandre, ENA, HEC, chirurgien etc..).

Sans reconnaissance, toute bénédiction est sans lendemain.

Sommes-nous conscients que cette bénédiction appelle à un changement de notre part, à une repentance. Car sans repentance, toute bénédiction est sans lendemain.

Sans reconnaissance, ni repentance, nous nous desséchons comme des plantes et nous nous durcissons comme une terre sans eau.

Nous devenons des robots accumulant savoirs et expériences, sans être touchés, émus, changés.
Soyons donc reconnaissants envers la bonté de Dieu et alors des lendemains nouveaux naitrons dans notre vie personnelle et familiale.

Rappelons-nous que c’est Dieu qui donne du sens à notre vie, du parfum aux instants de notre existence. C’est Dieu qui illumine notre esprit, notre âme.

A quoi sert-elle cette bénédiction ?

  • A écouter chaque jour la Parole de Dieu, source de vie, et les paroles de notre prochain, sources de défis.
  • A proclamer comme Jonas l’évangile de justice et de fraternité à nos Ninives « pleines de mensonges et de violences ».
  • A rappeler que c’est Dieu qui est la source de toute joie, de toute paix, de tout amour.

Son amour enrobe, tel un fluide, toute vie humaine, végétale et animale, et réjouit tout admirateur des beautés du cosmos et tout assoiffé de justice et de fraternité. (Sermon sur la Montagne).

Alors aimons. Partageons. Protégeons.

Nous serons ainsi un parfum de bonne odeur du Christ appelant à la vie.

Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tout lieu l’odeur de sa connaissance!
Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent:
aux uns, une odeur de mort, donnant la mort; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. -Et qui est suffisant pour ces choses ?
2 Corinthiens 2 : 14-16

Voilà notre mission d’êtres vivants, d’enfants de Lumière.
Diffusons par nos paroles l’espoir en Dieu, Sauveur du Monde et Inventeur de la vie.

Dieu sera-t-il avec nous dans le monde d’après ? 

Nous attendons non pas une sanglante Parousia, ni une mégacatastrophe Armaguédon, mais le Shilo le Prince de la Paix, le Christ ressuscité.

Non, le Covid-19 n’est pas un jugement divin, car ceux qui paient la note ce sont
les pauvres, les fragiles et les non-puissants. Les fondements des puissances d’argent restent inébranlables. La loi d’airain du plus fort règne partout. Les fauteurs de guerre agissent toujours.

Le jugement de Dieu engendre la délivrance, la justice et la paix, pour tous les vivants. Christ reviendra et fera fleurir toute œuvre belle et bienfaisante, c’est Lui qui donne la réussite.

Nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons changer notre façon de vivre notre foi, en revoyant nos priorités, nos centres d’intérêts. L’évangile de justice sera alors le moteur de notre vie !

Après sa « résurrection » et la conversion de Ninive, capitale de l’Empire assyrien « ville sanguinaire, pleine de mensonge, pleine de violence »(Nahum 3:1), notre prophète galiléen n’accepta pas le pardon de Dieu, pour des goyim ennemis de son peuple.

Dans sa vie d’avant, il préféra la mer pour abandonner sa terre, et choisi d’autres cieux pour oublier Dieu. Il fuit vers le soleil couchant et se détourna du soleil levant. Dans sa vie d’après, comme le roi Saül par le passé et Saul de Tarse plus tard, Jonas, Yona (colombe en hébreu), fils d’Amitaï (Dieu est vérité. Dieu est fidélité, en hébreu) respira la colère envers Dieu !

Pétri dès son enfance par la Loi mosaïque et disciple d’un judaïsme rigoriste, Jonas ne comprenait pas que Dieu pouvait aussi aimer les goyim, idolâtres et violents.

Archétype du Christ malgré lui, par son ministère auprès des païens, Jonas est aussi l’archétype du Croyant que nous sommes.

Nous aussi, pour comprendre l’amour de Dieu pour le monde, nous avons besoin de naître de nouveau.

L’auteur de Genèse 1 et celui du Psaume 19, le roi David, nous déclarent l’amour de Dieu pour sa création. Elle était belle, bonne et agréable.

L’évangéliste Jean nous déclare l’amour de Dieu pour l’Humanité.

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
Jean 3 : 16

Objets de son amour, nous sommes sauvés par Jésus-Christ.

Prophètes comme Jonas, nous avons pour vocation de proclamer la repentance à notre prochain en respirant l’amour et l’Espérance.

Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.
Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde: c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement.
1 Jean 4 : 16 – 17

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