Réflexions en temps de confinément du pasteur Nina Liberman

J’ai réfléchi au thème de l’enfermement dans la Bible et j’ai noté sur une feuille tout ce qui me passait par le tête.

L’enfermement dans la Bible c’est :

  • l’esclavage des hébreux en Egypte
  • Jérusalem assiégée par l’armée Babylonienne
  • Jonas dans le ventre de la baleine
  • Jérémie emprisonné comme Joseph (en Egypte) comme l’apôtre Paul, comme Jean Baptiste, les apôtres, Pierre…

C’est aussi :

  • l’enfermement de l’homme dans sa condition humaine : Adam et Eve qui croquent la pomme pour devenir comme Dieu, ou comme l’Ecclésiaste prisonnier de sa philosophie : « tout n’est que vanité ».
  • l’enfermement dans la maladie, qui isole, comme les lépreux
  • dans la loi qui détourne du sentiment humain de compassion et de vie
  • enfermement dans nos peurs et nos égoïsmes quand nous devons partager l’eau, la nourriture, les vêtements, nos présences (cf Matthieu 25)
  • dans le péché qui empêche, par exemple, le fils prodigue de revenir chez son père
  • dans sa condition sociale : la prostituée, le collecteur d’impôts…

On pourrait continuer ainsi pendant longtemps parce que la Bible c’est une Parole sur la délivrance qui nomme tous nos enfermements : sociétaux et collectifs, individuels et spirituels.

Vue de la cime des arbres à partir d'une grotte en Slovénie
©R.C.

En contrepoint à tous ces enfermements, prophètes et textes n’ont cessé d’annoncer la délivrance. Déjà Esaie prononçait ses paroles :

« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux : il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé. Pour proclamer aux captifs la liberté et aux prisonniers la délivrance » 61,1.

Et de toujours Israël (le peuple) a placé la libération de l’Égypte au cœur de sa foi dans le « Shéma Israël », « Écoute Israël », il est écrit

« Quand tes fils t’interrogeront, tu leurs diras : « nous étions esclaves en Egypte mais d’une main forte, le Seigneur nous a fait sortir d’Egypte… pour nous faire entrer dans le pays qu’il a promis par serment à nos pères. » Dt 6.

Le Dieu de la Bible est un dieu de libération.

La Bible est une parole de délivrances (au pluriel!) qui se finit par l’histoire d’un tombeau dont la porte est ouverte et l’intérieur vide. La mort elle même est traversée, la porte reste ouverte sur la vie (Marc 16, 1-8)

Ici, il s’agit de la délivrance de notre plus grande angoisse : la nôtre et celle de tous les gens que l’on aime. Une angoisse que nous connaissons tous en ces temps de crise et de suspicion de maladie, où tous les jours nous comptons les morts.

La lecture des ces versets n’est pourtant pas magique. Cette angoisse nous l’éprouvons sans cesse et toujours à nouveau en particulier quand les risques s’accroissent.

C’est pourquoi, nous avons sans cesse besoin de retourner à l’Écriture qui conserve pour nous des affirmations dont nos convictions, nos pensées doutent parfois. Nos mots tâtonnent car nous avons peur.

Pour dépasser l’état de sidération dans lequel nous sommes plongés, nous devons pourtant continuer à cheminer, à prier, à écouter la Bible, à nous écouter et à nous parler.

Il n’y a pas de formules ou de remèdes magiques à notre angoisse, rien de visible, il y a juste un esprit « invisible » mais saint que l’on doit essayer de rejoindre dans ce qu’il a de plus sécurisant : le lien de confiance, d’espérance et d’amour. Le chemin de la foi que rien ne peut enfermer ni empêcher.

La foi ?

« La foi est une manière de posséder déjà ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités que l’on ne voit pas ». Hébreux 11, 1.

Une porte ouverte avec vue sur la mer

Délivrons-nous donc au moins spirituellement de ce mal, de cette angoisse et commençons dors et déjà à penser à demain, il est déjà là. La porte ouverte fait déjà entrer la lumière dans nos tombeaux et nous donne assez d’espoir pour vivre et pour avancer, sur un chemin de liberté et d’avenir.

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