Psaume 23, verset 5

 

 Tu dresses devant moi une table en face de mes ennemis. Tu as oint ma tête d’huile, ma coupe est comble.

 

Une table en plein air devant un abri
Aire de pique-nique @EPUdB

Nous continuons de parler avec Dieu dans cette proximité intime, de cette manière amicale et pleine de confiance, où on s’adresse à lui dans la deuxième personne du singulier – Toi, tu es avec moi, disions-nous dans le verset 4 et constatons maintenant que oui, vraiment il est avec nous.

Il fait tout pour garder intact le lien de communion entre lui et moi.

Tu dresses devant moi une table, dit le Psalmiste, autrement dit, c’est lui qui m’invite, c’est lui qui me tire vers lui, c’est lui qui fait quand je ne peux plus rien faire.

Symbole par excellence pour la communion, la table est dressée pour moi. La nappe est mise ainsi que les couverts et le nécessaire pour me préparer au repas m’est proposé, c’est lui, qui m’attend.

Avant de se mettre à table, nous le voyons souvent dans des récits bibliques, il y a le lavement des pieds, nettoyage essentiel des souillure de la journée. Dans nos cultes, où nous sommes conviés à la table du Seigneur, nous suivons une liturgie de repentance, de pardon et de renouvellement, comme si nous nous préparions pour le grand repas – là aussi, il dresse devant nous une table de communion.

Ce lavement des pieds remplace d’ailleurs dans l’Évangile de Jean la description de la communion entre les disciples et Jésus, le soir de son arrestation.

Une table dressée en plein air


Tu dresses devant moi une table, En face de mes adversaires
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Oh combien d’adversaires existent-ils dans notre vie ! Combien nous nous sentons menacés par les forces plus fortes que nous, par des situations qui nous dépassent, par des soucis qui nous engloutissent.

Le bon berger sait, à quel point nous tremblons devons nos adversaires, à quel point nous perdons courage, voire la foi devant ces menaces mais même – ou surtout – dans ces situations difficiles il est là et garde intact le lien de communion entre lui et moi.

Quand je ne peux plus croire, il croit en moi, quand je ne peux plus suivre le bon berger il me porte, en face de mes adversaires il dresse la table, pour moi.

Ces adversaires ne sont pas fictifs, ne sont pas seulement imagination, mais David en connaissait beaucoup en commençant avec des adversaires comme Goliath, quand David était encore trop jeune pour partir en guerre, ou encore comme le loup ou l’ours quand le petit David s’occupait des troupeaux de son père, ou encore comme le roi Saul, ami devenu ennemi car il savait que David prendra un jour sa succession, et puis – quel adversaire – quand David, enfin par la grâce de Dieu roi d’Israël, devient meurtrier d’Uri, devient lui-même prédateur atroce pour la brebis, comme le fut Goliath, le loup, Saul autrefois …

En face de mes adversaires – en face de moi, malgré moi, pour moi tu dresses la table de communion.

Et tu oins d’huile ma tête …

Est-ce une allusion au Messie, l’oint de Dieu ? Et quand cette onction est appliqué à la brebis et au mouton du berger, elle signifie un grand changement de statut. Il n’invite pas des moutons simples à la table – peut-être il y en a sur la table – mais invité par lui à la table qu’il a dressée il nous remet dans notre statut d’enfant de Dieu. Tu es mon enfant, aujourd’hui je t’ai engendré … 

C’est une grâce qui s’exprime par cette onction et nous pensons aussi à Marc 14,3 où Jésus a reçu de cette femme l’onction sur sa tête. Personne ne s’étonnait du geste en soi, sinon du grand prix de l’huile parfumée utilisée par elle.

… et ma coupe déborde…

Ici, dans le Bordelais, c’est très parlant, même si en principe le bon vin ne devrait pas déborder. Mais la coupe qui déborde ici, elle a été remplie par Dieu et elle est pleine de ce vin qui, en face de mes adversaire, est signe de bonheur ….

Bonheur, non pas parce qu’on oublierait les soucis grâce au vin, mais signe de bonheur grâce au bon berger qui dresse la table pour nous.

La table, l’huile et la coupe – voici ce qu’il fait pour nous pour garder intact – contre vent et marées, contre adversaires extérieurs et intérieurs – le lien de communion entre lui et nous.

  • Nous te demandons le bonheur et l’honneur.
  • Nous te demandons le bonheur sans lequel la bénédiction reste une formule creuse.
  • Nous te le demandons pour celles et ceux qui ont vécu ou qui vivent l’échec, l’angoisse,la peur des autres et la fragilité d’eux-mêmes.
  • Nous te demandons le bonheur d’écouter et de donner.

Tu nous as rendu l’honneur ; apprends-nous à nous honorer les uns les autres et à honorer chacun sur notre route :

les enfants et les adolescents,
les humbles et les vieux,
les étrangers qui sont dans nos murs.

Fais nous deviner l’honneur dont notre prochain et notre lointain ont besoin.
Au nom de Jésus-Christ, mort et ressuscité pour le bonheur et pour l’honneur de tous.

Amen

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