Lecture de la troisième des sept paroles de vie d’après le texte du pasteur Antoine Nouis

Bonsoir, je m’appelle Jean…
Je suis un de ceux qui ont suivi Jésus depuis le début. Je crois que j’ai eu une relation privilégiée avec lui. Quand il parlait de sa mission et de ses projets, il s’adressait surtout à Pierre, mais quand il voulait partager un fardeau ou un souci pour une personne, c’est avec moi qu’il parlait le plus volontiers.

Hier, nous avons partagé son dernier repas. Quand tous les disciples étaient autour de la table, il s’est levé, il a pris un linge et une cuvette, il s’est agenouillé et il nous a lavé les pieds. Et puis il a commencé à parler de son départ et d’un esprit de consolation qui viendrait sur nous. J’ai compris que le dénouement était proche mais jusqu’au dernier moment, j’ai espéré une autre fin.

Cerisier d'ornement en fleur

Voici ta mère… voici ton fils

Lecture par le pasteure Nina Liberman, Église Protestante Unie de Bordeaux Rive-droite

Bonsoir, je m’appelle Jean…
Je suis un de ceux qui ont suivi Jésus depuis le début

Après le repas, nous l’avons accompagné au mont des Oliviers. Il s’est agenouillé, et sa prière est devenue un combat. Moi aussi j’ai prié, mais une fois que j’avais demandé à Dieu de le soutenir, je ne savais plus très bien que dire… J’ai essayé de persévérer, mais la fatigue a été la plus forte et je me suis endormi.

C’est lui qui nous a réveillés en disant : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous, priez afin de ne pas tomber en tentation.

Il n’avait pas fini de parler qu’on a entendu du bruit, une troupe approchait. C’était les gardes du Sanhédrin, le tribunal religieux, conduit par… Judas, l’un des nôtres. Nous étions prêts à défendre Jésus, mais il nous en a empêchés.

Il s’est offert, et ils l’ont emmené pour être jugé. Quand le Sanhédrin l’a envoyé à Pilate, j’ai compris qu’il n’y avait plus d’espoir. Le seul souci du procurateur romain est d’avoir la paix et je sais qu’il n’aura pas le courage de s’opposer aux religieux.

Comme Marie, la mère de Jésus, est en ce moment en ville, j’ai tout de suite pensé à elle et j’ai couru la rejoindre. Contrairement à mes craintes elle n’était pas seule, d’autres femmes étaient là. Marie venait d’être informée de la parodie de justice chez Pilate et de la condamnation de son fils. En ce moment-même il était sur le chemin qui conduit au mont du Crâne.

Elle a gardé le silence un moment, comme pour prendre des forces, puis elle s’est levée, et elle a dit qu’elle aussi, allait gravir la colline. J’ai essayé de l’en dissuader pour lui épargner le spectacle de la croix, mais elle n’a rien voulu savoir. Elle voulait voir son fils une dernière fois.

En route, elle m’a parlé. Elle m’a raconté la présentation de Jésus au Temple, quand il était un simple nourrisson. Il y avait là un vieux sage appelé Siméon qui a prononcé d’étranges. Il lui a dit : Marie… une épée te transpercera le cœur. À l’époque, elle n’avait pas compris ce qu’il voulait dire, mais maintenant… elle comprenait trop bien.

Quand on est arrivé au mont du Crâne, les croix étaient déjà dressées. En nous voyant venir la foule s’est tue. Elle s’est ouverte pour nous laisser passer, et on s’est retrouvé aux pieds de Jésus. On est resté un moment en silence… on n’avait pas besoin de mots pour se parler.

Jésus a regardé Marie et lui a dit : Femme, voici ton fils. Puis il a tourné son regard vers moi et a dit : Voici ta mère. J’ai posé la main sur l’épaule de Marie, et j’ai hoché la tête.

Malgré le mal, l’obscurité, la violence et l’injustice, j’ai eu à ce moment-là la certitude que c’est lui qui avait raison… et que son combat était le bon.

Aujourd’hui la mort semble triompher, mais il m’a appris qu’aussi fort que la mort… il y a l’amour. Et l’amour nous appelle à continuer notre chemin, même au milieu des ténèbres et de l’oppression.

Cet amour qu’il m’a appris, aucune croix ne pourra l’enlever de mon cœur.

Jean a reçu comme vocation d’accueillir Marie chez lui. Il nous rappelle dans son épître le sens de ce geste :

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu,
et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

C’est en ceci que l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.

Et cet amour, ce n’est pas que nous, nous ayons aimé Dieu, mais que lui nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme l’expiation pour nos péchés.

Bien-aimés, si Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.

Personne n’a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres,
Dieu demeure en nous, et son amour est accompli en nous.

1 Jean 4 : 7-12

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